Roman et récits

Dimanche 9 décembre 2007
[Ce (petit) récit est un peu en marge de l'histoire principale. Il n'influence en rien sur le cours de l'histoire et se passe peu après la partie 5.]

Le capitaine de vaisseau Paul Kerton attendait en uniforme d'apparat, raide, derrière la porte principale d'un amphithéâtre du QG de la Flotte Impériale. Malgré le contrôle volontaire qu'il exerçait, il ne pu empêcher sa main gauche de trembler. Il enserra puissamment la garde de son antique épée, symbole de son autorité, pour tenter de se calmer. Il tourna la tête sur la droite puis sur la gauche pour affronter le regard des gardes qui l'encadraient. Ils étaient tous deux plus grand que lui de quelques centimètres, et leurs musculatures accentuaient encore le contraste entre eux et lui. Ils portaient l'uniforme de combat du Corps d'Elite de l'Empereur. Alors que lui même portait l'écusson de son vaisseau sur son épaule droite, ils ne portaient que l'écusson de leur Corps, signe qu'ils appartenaient à un régiment qui n'était pas attaché à un vaisseau. Signe aussi qu'ils ne devaient certainement pas le comprendre, comme le soulignait leurs regards qui, derrière leur indifférence, lui portaient le plus grand mépris.

Il reposa les yeux en face de lui, sur la porte d'un noir profond, sans aucune fioriture, aucun symbole. Un signal sonore retentit doucement et les gardes ouvrirent chacun un pan de la double porte pour laisser apparaître deux autres gardes de l'autre côté, qui se mirent au garde à vous en le laissant passer. Sans comprendre comment, le capitaine avança, suivi de près par ses gardes, jusqu'au centre de la pièce. Il se tourna vers les gradins, face à l'Amiral Julius qui se trouvait debout devant une table sommaire, encadré par deux enseignes de vaisseaux, tous dans leurs tenues d'apparat. Il se mit machinalement au garde à vous devant son supérieur. Il réalisa à cet instant que les gradins étaient pleins, supportant la centaine d'officiers venus assister à la cérémonie. Il lui fallu encore quelques secondes pour comprendre qu'ils étaient en tenue de combat, comme l'exigeait le protocole.

L'Amiral Julis s'avança doucement du capitaine Kerton pour s'arrêter à deux mètres de lui. Il fit résonner sa voix de contre-alto dans l'amphitéâtre :

- Capitaine de vaisseau Paul Kerton, vous avez été jugé par une cour martiale légale et impartiale pour désertion en présence de l'ennemi, insubordination en présence de l'ennemi, mise en danger volontaire d'officiers de l'Empire et manquement à votre devoir envers l'Empereur. D'après une expertise ordonnée par l'Amirauté, vos actes ont causé la mort de l'Amiral John Brodwidge, du capitaine de frégate Hans Walter, du capitaine de vaisseau...

Le capitaine n'écoutait plus, la voix de l'Amiral n'était qu'un bruit de fond alors qu'il se repassait mentalement les évènements. L'escouade de croiseurs lourds avait été interceptée par l'ennemi et ils étaient sous le feu de celui-ci, harcelant sans cesse l'escouade. Son vaisseau avait été jusque là indemne, mais la perte progressive des vaisseaux de celle-ci diminuait graduellement les défenses actives communes. L'escouade était restée concentrée pour fusionner les boucliers. Cette technique permettait de protéger beaucoup plus efficacement un ensemble de vaisseaux, mais réduisait par la même la capacité de mouvement et le nombre de bordées utilisables. Il se souvient du premier rayon à avoir frappé son vaisseau. Quasiment aucun dommage, mais il avait alors eu la certitude qu'il allait finir comme les autres, mort dans les fracas de son bâtiment. La seule solution était la dispersion, pensait-il, car l'ennemi ne pourrait poursuivre tous les vaisseaux en même temps, mais l'Amiral refusait de donner cet ordre. Il avait alors décidé de sauver sa peau en rompant les rangs. Il se trouvait dans un état second. L'ennemi ne le poursuivit pas, mais l'Amiral braillait déjà sur le canal de communication, lui ordonnant de retourner dans les rangs, que l'absence du Conqueror les privaient d'une puissance défensive conséquente. Il avait coupé la communication et avait frappé son second qui déversait sur lui tout son soul et l'avait mis en joue avec son arme de poing.

Le silence se fit. L'Amiral avait fini d'énoncer les noms de ceux qu'il avait tué indirectement. L'Amiral fit résonner l'ordre de repos et continua à faire tonner sa voix sourde :

- Cette cour vous a jugé coupable de tous les faits qui vous sont reprochés, et la première sentence est votre radiation de la Flotte.

L'Amiral recula d'un pas et un des enseignes s'avança lentement vers lui, s'arrêtant à moins d'une enjambée.

- Capitaine de vaisseau Paul Kerton, par l'autorité qui m'est conférée par l'Amirauté, je vous ôte le commandement du Croiseur lourd Conqueror.

Sur ces mots, l'enseigne lui arracha d'un geste sec l'écusson à son épaule droite et le laissa tomber à terre. Un enseigne! C'était un enseigne qui le déshonorait, qui souillait son nom! L'amiral reprit :

- Je vous ôte votre grade de capitaine de vaisseau.

L'enseigne arracha les insignes à ses épaules et son veston pour les laisse choir dans un bruit qui retentit dans tout l'amphithéâtre alors que les tenant en alliage venaient taper contre l'acier gris et froid recouvrant le sol. L'Amiral attendit que l'écho s'éteignent avant de continuer, comme pour l'humilier encore plus, pour que tout le monde puisse entendre sa déchéance jusqu'au bout.

- Je vous ôte votre licence de commandement de bâtiment de l'Empire.

L'enseigne prit le béret de l'ex-capitaine et en arracha sèchement les étoiles pour les faire rejoindre le reste de ses symboles d'autorité. Paul ne pût réprimer un petit tic en entendant ses insignes tomber au sol. Il avait toujours aimé être sur une passerelle. Il ne pourra jamais plus. L'enseigne reposa le béret, désormais troué, sur la tête de Kerton.

- Enfin, je vous enlève toute autorité au sein de la Flotte de l'Empire.

Il avait insisté dur le "toute". L'enseigne défourra l'antique épée et recula d'un pas avant de la présenter à plat dans ses mains à l'ancien capitaine. Ce dernier se tendit lorsque l'enseigne se déplaça d'un pas sur la gauche et accomplit un quart de tour à droite pour présenter l'épée à l'Amiral qui s'avança pour la saisir par la garde. Il s'immobilisa devant Paul, plia la jambe et rompit l'épée dessus d'un coup sec, dans un fracas de métal. Un frisson parcourut le corps de Paul alors que l'écho se fraya un chemin dans le soupir soulagé des officiers présents. L'Amiral jeta l'épée aux pieds de Paul avec un mépris qu'il ne cherchait plus à cacher, maintenant que Paul Kerton ne faisait plus partie de la Flotte. Le visage de Paul qui était resté aussi impassible que possible durant toute la cérémonie affichait désormais une mine de dégoût qu'il dirigea vers l'Amiral. Il était partagé entre une profonde honte et une fureur noire. On l'avait déshonoré alors qu'il avait sauvé son équipage. Le reste des pertes étaient dues à l'Amiral Brodwidge, incompétent qui avait tenu à ce que l'escouade ne se disperse pas, alors que, d'après lui, c'était la meilleure des solutions bon sang! Mais les experts étaient payés, soudoyés, c'était sûr. Les amiraux Julius et Brodwidge étaient amis. Il n'avait pas du supporté et avait du peser de tout son poids, c'était sûr. Et les autres survivants ne le devaient qu'à la chance de s'en être sortis!

L'amiral inspira pour reprendre son discours.

- Puisque la Loi me permet, en tant qu'exécutant de la sanction, à formuler un avis personnel, je dirais simplement que la Flotte de l'Empereur n'aurait jamais due accepter un tel couard en ses rangs, ni à un si haut niveau. Votre famille, aussi influente soit-elle, n'a pu vous protéger de vos actes au sein de la Flotte, et justice est désormais faite. Cette cours n'a jugé que les derniers évènements, mais votre conduite tout au long de votre carrière a causé beaucoup de morts inutiles, Kerton. Pour ceux qui n'ont pas été représentés au procès qui vous a condamné, la deuxième sanction leur rendra justice.

L'Amiral recula et une porte s'ouvrit sur le côté, alors que les officiers se levèrent et se dirigèrent vers les sorties. Paul Kerton avança comme un automate, absent, son coeur battant à tout va comme pour signifier qu'il était quand même encore vivant, vers la porte qui venait de s'ouvrir, encadré par ses gardes.

C'était une reconstitution d'un environnement en plein air. Le QG de la Flotte était enfouie sur une lune artificielle autour de la Terre. Si on se fiait à l'environnement holographique, il faisait un soleil radieux, chaud, et un petit vent frais soufflait, remuant l'herbe que foulait désormais Paul Kerton et ses gardes, alors que les officiers s'installaient sur des gradins derrière lui. Paul ne prit conscience du poteau qu'au dernier moment, et son visage affichait maintenant une peur viscérale. Alors que l'Humanité avait fait d'énorme progrès pour sauver des vies, on allait maintenant mettre fin volontairement à la sienne!

Les gardes ne le ménagèrent pas, et l'attachèrent brusquement au poteau de bois. Tétanisé, il ne pût protester ou se débattre. Il allait mourir.

L'Amiral Brodwidge se tenait à côté du peloton de 5 fusiliers marins, armés de fusils à balles. On n'utilisait plus ces armes au combat depuis plusieurs siècles, mais l'Empire continuait d'en fabriquer, pour la chasse, les concours, le sport... Et les exécutions. Il entendit à peine la voix de l'Amiral.

- Paul Kerton, par ordre de la cour martiale et avec l'aval de l'Empereur, vous avez été condamné à mort pour désertion, désertion en présence de l'ennemi, et insubordination ayant entraîné la mort de soldats et d'officiers de l'Empire. Par votre exécution, la Flotte Impériale lave son Honneur et rend justice aux morts et blessés occasionnés par votre seule et unique faute. Avez-vous une dernière volonté?

Paul laissa alors échapper toute sa fureur et son soul sur l'Amiral, la Flotte, l'Empereur, et tout le reste. Il se lâcha complètement, révélant aux personnes présentes toute sa colère... et son déshonneur.

L'Amiral attendit patiemment. Puis il continua la cérémonie d'un ton monocorde, emprunt de dégoût pour celui qui était attaché au poteau de l'autre côté du "pré".

- Apprêter armes!

Les soldats s'exécutèrent lentement. Un frisson parcourut l'ensemble du corps de Paul et il tressaillit sur son poteau, mordu par la réalité et la fatalité de ce qui allait se passer, inéluctablement.

- En joue!

L'Amiral Julius leva l'antique épée alors que les soldats épaulèrent leurs fusils. Le coeur de Paul Kerton battit à tout rompre dans sa poitrine, comme pour hurler qu'il voulait continuer, qu'il voulait vivre. Qu'il regrettait. L'Amiral tourna la tête vers Paul, et abattit son épée :

- Feu!

Cinq balles déchirèrent le corps de Paul. Il les sentit pénétrer dans sa chaire, le brûler, et il ne pût retenir un hurlement. Tout semblait aller extrêmement lentement. Il n'arrivait pas à déterminer où il avait été touché tellement la douleur irradiait dans son corps. Un hurlement de l'Enfer lui explosait les tympans, avant de se rendre compte qu'il s'agissait de sa propre voix, déformée par le sang qui lui remontait dans la gorge.

- Feu!, hurla l'Amiral qui vit que le condamné n'était pas mort. Si il détestait l'ancien capitaine pour ce qu'il avait fait, il ne pouvait se résoudre à jouer le barbare.

Cinq autres balles vinrent se ficher dans le corps du condamné. Si quatre avaient atteint des points non vitaux comme les cinq précédentes, Paul ne sentit pas la cinquième transpercer celui qui s'échinait à battre à tout rompre, de peur et de douleur.

L'ex capitaine de vaisseau Paul Kerton finit de s'écrouler avec un visage déformé par la douleur et l'horreur. Trois infirmiers vinrent le détacher après avoir constaté son décès. Les officiers se levèrent en silence, quittant le "pré".

- Rompez! ordonna l'Amiral au peloton. Les soldats firent demi-tour et sortirent par une porte dérobée derrière les gradins. L'Amiral s'avança vers les infirmiers affairés à mettre le corps sur la civière anti-gravité. Il regarda le corps mutilé avec une totale indifférence. Si la Flotte avait lavé son Honneur aujourd'hui, il restait cependant bien trop de Paul Kerton en puissance dans ses rangs, se dit-il. La civière anti-gravité s'en alla, accompagnée par les infirmiers. L'Amiral resta seul un moment, regardant le poteau où avait été tué celui qui avait tué, indirectement, son ami et collègue. Il se décida à sortir dans un grognement pour rejoindre son bureau, laissant derrière lui s'éteindre les lumières du champ du déshonneur.
Par lap1.blanc
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Dimanche 9 décembre 2007
[Pas la meilleure de mes productions, j'en conviens, il faudrait que je remanie un peu le style.]

Localisation : Andoria
Temps : 23/05/534 ap. Emp.


Il faisait beau sur Fas, la capitale impériale d'Andoria. Malgré la température plutôt basse pour cette saison, Collin et son fils de 4 ans, Franck, se baladaient en tenue "d'été" sur la Grande Place Impériale, admirant vitrines de boutiques et spectacles de rue. Alors qu'ils passaient devant un marchand de souvenirs, le regard du garçon fût attiré par un visiophonique dont l'emballage représentait une belle boule de toutes les couleurs, avec une dominante bleue. Le garçon interpella son père :

- Papa! Je peux avoir ça? Dis!

Le père, amusé par la mimique de son plus jeune fils, répondit, en se baissant à son niveau.

- Tu sais bien que ton cerveau n'est pas encore prêt pour les visiophoniques. Et puis, je l'ai déjà vu celui-là, il n'est pas si bien.

- Qu'est-ce qu'il raconte quoi? s'enquit l'enfant.

- On dit "Que raconte-t-il?", ou "Qu'est-ce qu'il raconte". Et bien, c'est un documentaire sur les différents Empereurs qui se sont succedés. La planète que tu vois là, c'est la Terre, c'est de là que...

Il s'arrêta un instant, cherchant la meilleure façon d'expliquer cela.

- ... C'est de là que notre espèce, c'est à dire l'ensemble des gens qui nous ressemblent, provient.

- Même les Exclus? l'interrogea son fils.

- Oui, mais les Exclus sont partis dans une galaxie bien lointaine. Aux dernières nouvelles, ils y ont rencontré... Je ne devrais pas te parler de ça.

A la vue des yeux déçus de son fils, il décida cependant de continuer, tout en l'emmenant s'assoire sur un banc. Les leçons d'Histoire peuvent être longues.

- Les Exclus ont rencontré un puissant ennemi. Fort heureusement, ils ont pu détruire toute trace de notre existance et de notre position avant que leur base mère ne soit attaquée. Ils étaient parti avec la meilleure flotte de notre Empire, la plus puissante et la plus nombreuse. Apparemment, ça ne leur a pas beaucoup servi. Si ces ennemis nous en avaient voulu et qu'ils savaient où nous nous situons, nul doute qu'ils auraient déjà conquis notre Empire il y a bien longtemps. Aucun danger donc. Tu peux me faire confiance!

Voyant son fils satisfait et rassuré, il prit une grande inspiration et tonna :

- Bien, que nous manque-t-il pour notre fête planetaire déjà?

- Des bonbons!

- Ha non, tu ne m'aura pas! Bon, faisons encore un tour et rentrons.

Ils firent encore quelques courses, assistés par un robot-caddie puis prirent un bus pour rentrer chez eux. Ce petit voyage en altitude émerveillait toujours l'enfant.

Localisation : Andoria
Temps : 24/05/534 ap. Emp.


L'heure était à la fête. Dans une demi-heure, le ciel nocture d'Andoria allait s'illuminer de mille feux, célébrant le premier jour de la colonisation de la planète par l'Empire. Ceux qui bénéficiaient de l'implant visiophone pourraient bénéficier gratuitement des plus belles oeuvres visiophoniques de la planète, et les jeunes de plus de 5 ans pourraient, si ils le désiraient, recevoir un cours d'Histoire, hologrammes à l'appui, mené par la voix expérimenté du responsable de la section Histoire de l'Université Impériale Régionale, Veler Kampf. La région du Cavalier était composée d'Andoria, Crotos et Remins, 3 "jeunes" planètes de l'Empire. L'Empire comptait 15 régions dont la plus grande comptait 53 planètes, la Région Terre, ou, communément appelée Région Mère.

Dans la capitale, les rires succédaient aux cris de joies et d'ébriété. Un instant après, une vive lumière apparue dans le ciel. Toujours gais, les habitants levèrent la tête pour admirer les jeux de lumière qui avaient été installé en hauteur et en orbite.

- Marrant, cette année ils font ressembler ça à une bataille spatiale. Et puis, ils sont un peu en avance.

- Ho oui mais c'est original, s'exclama une demoiselle à côté.

Les premiers instants de surprise passés, l'inquiétude commençait à se lire sur certains visages. Veler Kampf, qui avait arrêté son "cours" légèrement irrité par l'avancée de l'horaire, et qui, comme chaque année, les avait gardé pour admirer le spectacle, intima l'ordre à ses élèves d'un soir de rejoindre leurs parents.

Grâce à leurs bracelets localisateurs, ils les retrouvèrent très vite. Certaines familles commençaient déjà à rentrer chez eux, angoissés, quand l'alarme d'attaque planetaire retentie. La fête tourna ainsi très vite à la panique, inversant les sourires. Les forces de l'ordre, omni-présentes dans la capitale mais jamais vraiment visibles, sortirent des entrailles de la ville pour canaliser au mieux ce mouvement de foule.

Alors que les premiers bus aériens étaient déjà parti, pleins à craquer, des capsules en flammes s'écrasaient dans les rues. Certaines heurtèrent des bus, qui vinrent s'écraser avec eux.

- Ce sont les capsules de sauvetages de nos vaisseaux? questionna un civil qui était pressé par le reste de la foule sur le bouclier du militaire devant lui. Le militaire tourna la tête et lui répondit par la négative.

Alors que les lueurs emplissaient toujours le ciel d'Andoria et que de nouvelles capsules tombaient sur l'ensemble de la planète, une des capsules s'ouvrit, près de la Grande Place Impériale, bientôt suivit par toutes celles de la capitale.

Un bruit effroyable retentit avant que les capsules ne laissent s'échapper des quadripèdes de près d'1m80, à la peau sombre et épaisse, à la gueule pleine de lames acérées. Ils se ruèrent sur les premiers humains à leur portée. Dépourvue d'oeil et d'oreille, ces monstres paraissaient sortir des pires cauchemars. Ils déchiquetèrent les chaires comme du papier à une vitesse affolante, ne laissant aucune chance de survie à sa victime. Immédiatement, les militaires sortirent leurs armes et commencèrent à tirer sur l'envahisseur. Armés uniquement d'armes à projectiles en raison de leur rôle avant tout civil, les balles ricochèrent sur l'épaisse carapace des monstres.

Analysant très vite que les envahisseurs ne pouvaient pas sauter, le commandant des forces de l'ordre ordonna à ses soldats de se mettre en une position de défense adéquate, aidés de leurs boucliers. Déterminés, ils s'executèrent. Un monstre qui avait fini de déchiqueter sa dernière victime se rua sur une formation à vive allure. Les soldats ne purent encaisser le choc, et l'animal pu creuser une faille assez longtemps pour attraper 2 soldats dans sa large gueule et les trainer hors de la formation, malgré l'aide de leurs camarades.

Alors que tous les civils avaient soit fui soit été éparpillés, que les soldats avaient perdu beaucoup des leurs, les monstres, dont pas un seul n'avait été éliminé, rentrèrent dans les capsules, laissant place à des bipèdes armés d'armes de poing aux formes étranges, bien plus petits, revêtus d'un uniforme aux teints orangés, coiffés d'un casque intégral, ne laissant rien voir de ce qu'il y avait à l'intérieur.

Sans aucune hésitation, les militaires continuèrent d'arroser de balles les envahisseurs, dans des cris de rage, attendant des renforts ou l'ordre de repli.

Les balles ricochèrent encore sur leurs boucliers, invisibles jusqu'alors. Les bipèdes levèrent leurs armes et tirèrent sur les boucliers, engendrant une immense chaleur, brûlant gravement ceux qui n'étaient pas protégés.

Les lueurs stellaires se faisaient plus importantes, comme les cris dans la capitale, quand d'autres capsules s'écrasèrent sur le sol.

- En voila d'autres! s'écria un jeune sergent qui avait réussi à conserver une grande partie de son escouade en tirant à couvert depuis un bâtiment abandonné.

- Ouais, mais ils ont pas la même gueule, ils nous réservent quoi ceux-la? interrogea un soldat à ses côtés

- Si on avait encore les moyens de communication, on le saurait, mais ces enfoirés les ont coupés! grogna le sergent

- Ha! C'est ça! Je croyais que mon implant avait grillé à cause de leurs fours micro-ondes portables! plaisanta un autre soldat avant de se repencher par la fenêtre pour tirer

Les nouvelles capsules s'ouvrirent et de grands soldats en armure complètement noire en sortirent, armes aux poings, et se mirent rapidement en formation.

Les premiers envahisseurs regardèrent les nouvelles capsules tomber du ciel un instant et redoublèrent d'effort dans leur massacre.

Dans un déplacement félin, les "soldats en noir" se mirent à couvert et firent feu sur l'envahisseur, dans l'étonnement des soldats humains.

- Bordel de merde, mais ils sont de chez nous ceux-là?

- Ils en portent pas la marque en tout cas.

En effet, aucun insigne ne venait avec le noir uni de leur armure lourde. D'un instant à l'autre, les premiers envahisseurs cessèrent leur attaque contre les simples humains et commencèrent à tirer sur les nouveaux arrivants, alors que d'autres capsules, aux formes connues, elles, descendaient dans le ciel d'Andoria.

- Les mecs, c'est les notres qui débarquent! Et eux au moins, ils y vont pas comme des bourrins! s'écria un soldat qui s'était mis fraichement à l'abri.

Alors que l'armée impériale se mettait à couvert, laissant les extra-terrestres régler leurs affaires, ils retrouvèrent leurs communications, sur le canal d'urgence crypté :

- Ici l'Amiral Tiler. Ne donnez pas l'assaut aux soldats en armure noire, je répète, ne donnez pas l'assaut aux soldats en armure noire!

Localisation : Orbite haute d'Andoria
Temps : 24/05/534 ap. Emp. avant l'attaque extra-terrestre.

La Nef Impériale Andoria-3 était en vol stationnaire au dessus de Fas, comme il est de coutume lors de la fête planetaire sur toutes les planètes nouvellement colonisées. L'Amiral Tiler était sur la passerelle, demandant un rapport aux 12 frégates qui l'accompagnaient. Alors que le capitaine de la Frégate Orion venait de finir son rapport, l'officier radar vint interrompre l'Amiral :

- Mon Amiral, j'ai un echo subspatial à un demi parsec sans authentification.

Etonné, l'Amiral demanda confirmation à la flotte qu'il avait sous son commandement, qui ne tarda pas à lui répondre par l'affirmative.

- Allons bon, encore un qui a coupé son transpondeur. Envoyez un message subspatial de demande d'identification. Quand est prévue la sortie?

Après un bref instant, l'officier répondit :

- La formation de l'echo évolue plus rapidement que pour un vaisseau normal. A cette vitesse, il faudra 3 minutes au vaisseau pour apparaitre sur l'écran.

- 3 minutes après formation de l'echo? C'est impossible! Aucun de nos vaisseaux n'en est capable!

Il se tourna vers son second, le visage grave :

- Ordonnez à la flotte de se mettre en position de défense. Prévenez immédiatement le Gouverneur d'Andoria et faites un rapport complet au Haut Commandement.

- Bien mon Amiral, répondit le second avant de se mettre au travail.

- A-t-on une réponse à l'identification? s'enquit l'Amiral.

- Négatif, aucune réponse et toujours aucune authentification.

Une minute plus tard, la fenêtre subspatiale se forma, laissant apparaitre 4 vaisseaux non identifiés sur les radars de la flotte d'Andoria. L'Amiral ordonna une emission sur large bande :

- Ici l'Amiral Tiler, vous pénétrez dans une zone sécurisée sans autorisation. Déclinez votre identité ou nous ouvrirons le feu.

Les vaisseaux n'étaient pas visibles par la baie de la passerelle, mais un cinquième echo radar, plus petit, vint s'ajouter sur les écrans de contrôle.

- Monsieur, un objet de très petite taille nous fonce dessus à grande vitesse. Collision dans 15 secondes.

- Ils nous tirent dessus les enfoirés! Manoeuvre d'évitement!

A ces mots, l'Andoria-3 bascula sur son flanc en se dirigeant vers le pôle sud de la planète. Dans le même temps, de missiles très longue portée s'expulsèrent des rampes lance-missiles des vaisseaux de la flotte, faisant route vers les intrus.

- 10 secondes, sécria l'officier radar. L'objet nous suit.

- Une tête chercheuse! Lancez les systèmes de brouillage!

Alors que des mines occultantes étaient éjectées par les soutes de la Nef, d'autres echos du même calibre apparurent sur les écrans.

- Mon Amiral, ils font de nouveau feu, sur les frégates cette fois. 5 secondes!

L'Amiral ordonna l'activation de l'alarme de collision, obligeant tous les occupants à bien s'accrocher aux rambardes de sécurité qui apparurent sur les cloisons.

D'un coup, l'ensemble du vaisseau fût ébranlé, pendant qu'une lumière bleue se répandait sur tout le bouclier du vaisseau.

- Boucliers affaiblies, rechargés à 100% dans 45 secondes, hurla l'artilleur par dessus les alarmes sur la passerelle.

- Système de propulsion poupe babord endommagé, puissance à 45%, cria l'officier de navigation.

- Contre-mesures HS, soute proue babord depressurisée, les panneaux de sécurité refusent de s'enclencher, s'exclamait-on encore.

L'Amiral se redressa et ordonna une contre manoeuvre pour se remettre face aux intrus, juste à temps pour voir une frégate se faire percuter par 2 missiles ennemis bleus et exploser. Les rapports d'avaries fusaient sur les canaux de communications. 2 frégates avaient les moteurs coupés et une ne pouvait plus controler ses systèmes d'armement.

Les missiles humains arrivèrent près des vaisseaux ennemis, qui s'étaient mis à avancer en direction de la planète, à grande vitesse. Ils explosèrent sur leurs boucliers sans en endommager un seul.

- Amenez-vous à portée de tir des armes à plasma, enfoirés! grinça l'Amiral.

Alors que d'autres missiles partirent à la rencontre de l'envahisseur, l'officier radar du Andoria-3 dit à l'Amiral :

- J'ai un autre echo, arrivée dans 5 minutes. Pas d'authentification.

- Des renforts! Evidemment! Demandez de l'aide au Haut Commandement, appelez la flotte à l'ombre de la planète et faites décoller nos vaisseaux au sol, immédiatement! Dites au Gouverneur de décréter l'état d'urgence!

Après un bref instant, le second s'adressa à son supérieur :

- Monsieur, j'ai pu demander l'assistance des vaisseaux de l'autre côté de la planète, ils seront là dans moins de 2 minutes. Par contre, je ne peux désormais plus les joindre, ni eux ni la planète. Seules les communications de courtes distances semblent fonctionner.

- Et merde, ils nous brouillent!

A ces mots, une multitudes de points rouges jaillirent des vaisseaux ennemis désormais visibles par la baie de la passerelle. Immédiatement, tous les vaisseaux tentèrent d'effectuer des manoeuvres pour éviter les tirs ennemis. La moitié expolsèrent, transpercés par le feu ennemi. La Nef, qui avait retrouvé l'intégralité de son bouclier vit son electricité coupée après les impacts, alors que des gerbes d'étincelles fusèrent un peu partout dans le vaisseau.

- Au rapport! s'exclama l'Amiral.

Les rapports d'avaries s'enchainèrent alors que l'Amiral observait le carnage par la baie. La quasi-totalité de la flotte était réduite à un amas de débris en acier flottants en orbite au dessus de la planète. Les 3 frégates restantes firent feu sur les vaisseaux ennemis désormais bien visibles, qui ne ressemblaient à rien de ce que l'Amiral avait pu voir de toute sa carrière.

Des lignes pures, effilées, une espèce d'aura verte les entourants, ces vaisseaux n'avaient rien de comparable avec les vaisseaux cubiques de l'Empire. Il y avait une grâce morbide qui s'echapait de ces structures. Un instant, l'amiral pensa que c'était le fruit d'une intervention divine. Il reprit ses esprits et tonna :

- Qu'on me dise ce qui marche encore, on aura plus vite fait!

Le second releva le nez de sa console, à moitié en sang, et répondit :

- Les mitrailleuses plasma de poupe, les turbines des moteurs droits, mais les conduits d'ejection sont bouchés, les systèmes de survie fonctionnent sur la majeure partie de notre vaisseau.

L'Amiral l'interrompit en levant la main alors qu'il regardait encore par la baie :

- N'est-ce pas notre module sur le flanc babord là-bas? dit-il en pointant du doigt un immense morceau d'acier.

- Cela expliquerai pourquoi nous n'avons plus de contact avec cette partie de la Nef, s'atrista le second.

- Monsieur! Regardez! Ils s'éjectent! s'exclama un executant.

L'Amiral se rapprocha de la baie et analysa la situation.

- Ils débarquent. Où en sont les renforts bon sang!

- Ils devraient arriver à notre poupe par 30°. Nous ne pouvons pas les voir mais ces missiles semblent montrer qu'ils sont déjà là.

En effet, plusieurs missiles humains vinrent s'écraser sur les boucliers des vaisseaux ennemis. Certains réussirent à détruire quelques modules éjectés. Au même moment, d'autres vaisseau apparurent au loin, encadrés par de vives lumières.

- Et voila leurs renforts, s'exclama l'Amiral avec une pointe de dépit dans la voix.

En quelques secondes à peine, les vives lumières atteignirent les boucliers des vaisseaux ennemis, éblouissant tout le personnel de la passerelle de l'Andoria-3. Alors que tout le monde se frottait les yeux, le second vint annoncer que les communications spatiales étaient rétablies. C'était bien la première bonne nouvelle depuis le début de ce combat irréel.

L'Amiral ne perdit pas une seconde et collecta les renseignements que tout le monde avait à disposition afin de prévenir le Haut Commandemant, alors que les nouveaux arrivants continuèrent de se rapprocher rapidement, tirant et répondant au feu des intrus. Personne ne sembla plus se soucier des vaisseaux humains. Après un très rapide tour d'horizon, seuls quelques vaisseaux étaient encore en état de combattre. Il était fort probable qu'un petit nombre de frégates avaient leurs systèmes de communication endommagés. C'est alors qu'une communication semblant provenir des vaisseaux des nouveaux arrivants parvint à la Nef :

- Ici le croiseur Zeus, de la flotte de l'Hégire. Nous sommes ici pour vous porter assistance contre l'attaque que vous subissez. Acceptez-vous?

Curieusement, l'individu parlait sans aucun accent. L'Amiral n'hésita pas un instant à communiquer cette information au Haut Commandement et à répondre :

- Ici l'Amiral Tiler de la Nef Impériale Andoria-3. Toute aide est la bienvenue mais je dois référer à ma hierarchie de votre proposition, dit-il en esperant que les étrangers comprendraient.

Après un court instant, le Zeus répondit :

- Bien compris, mais ne tardez pas trop, si le combat s'éternise nous ne sommes pas sûr de pouvoir le gagner.

Les inconnus n'eurent pas à attendre longtemps avant de recevoir la confirmation de l'Empereur lui même pour une intervention de cette aide providentielle.

Après quelques coups bien portés, les nouveaux amis de l'Empire firent battre en retraite les vaisseaux ennemis qui ne tardèrent pas à repénetrer en sub-espace pour fuir.

Immédiatement, les vaisseaux alliés se mirent en orbite basse et éjectèrent à leur tour des modules de débarquement. Sans perdre un instant, l'Amiral ordonna à tous les vaisseaux dans la capacité de larguer des unités d'intervention de venir en assistance au sol. Il s'assura que la frégate des soldats du Lion, les soldats d'élite de l'Empire, était bien en état d'effectuer la manoeuvre. Puis il se tourna vers la console de communication et vit que la communication sur la planète était possible, les vaisseaux ennemis étant partis avec leurs brouilleurs. Il s'enquit auprès du croiseur allié :

- A quoi ressemblent les créatures que vous avez débarqué sur notre planète?

- Et bien, elles vous ressemblent beaucoup, vetus d'une armure noire et mat.

Il remercia le commandant du vaisseau et pressa de nouveau le bouton de communication :

- Ici l'Amiral Tiler. Ne donnez pas l'assaut aux soldats en armure noire, je répète, ne donnez pas l'assaut aux soldats en armure noire!
Par lap1.blanc
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Dimanche 9 décembre 2007
[Cette partie est un essai plus dans le genre "gore"]

Localisation : Surface de Némis/430.660.106
Temps : 266531901 TH

 
- Colonel Adams? Colonel Adams?
 
Le colonel tenta d'articuler quelquechose.
 
- Non, vous ne pouvez pas encore parler.
 
Il avait reconnu la voix, c'était celle d'Irina, son IA personnelle.
 
- Vous êtes hors de danger, et, après quelques soins appropriés, serez aptes au service.
 
Il soupira.
 
- Un seul a survécu. Il se dirige actuellement vers votre position. Il s'agit du caporal Tenor.
 
Il le connaissait.
 
- Lui même. Il a souffert de nombreux maux, mais son armure a pu en réparer la majeure partie.
 
Il réussit à vocaliser un son.
 
- Oui, ces armures sont capables de traiter automatiquement un certain nombre de blessures. Enfin, si l'IA est toujours active. Celles des morts ont été déruites suivant le protocole de Sécurité Défense.
 
Des bruits de pas pouvaient se faire entendre.
 
- Colonel!
 
Le soldat couru vers la position du colonel. Derrière sa visière, celui-ci pouvait voir une vague forme se rapprocher, puis le prendre et le relever, en position assise. Le colonel retrouva peu à peu l'usage de ses membres.
 
- Vous pouvez marcher mon colonel?
 
Le colonel hocha la tête puis entreprit de se lever completement. La douleur était maintenant supportable. Sur sa visière s'étaient affichées un ensemble de données.
 
- L'objectif de votre mission a changé, commença son IA, vous êtes désormais placés sous le contrôle direct de l'Hégémon. Vous devez observer, et seulement observer, le déplacement des forces au sol.
 
- Et la navette de secours? articula douloureusement le colonel.
 
- Navette de repli. Aucun soldat ne sera deployé, vous et le caporal êtes les seuls à posséder ces armures désormais. Je vous demande quelques instants avant de vous donner des objectifs plus précis.
 
Il était rare qu'une IA demande un temps de reflexion. L'habitude voulait que tout, ou presque, soit instantané à l'échelle de temps des hégiriens. Le colonel en profita pour laisser l'armure finir ses réparations.
 
Localisation : -inconnue-
Temps : -

 
Elle n'était pas familière à cette sphère d'informations. Alors que la sphère informative de l'Hégire était lisse et fluide, en perpetuel lien avec le sous-espace, la sphère des Gnotistes était chaotique, désordonnée. C'était à se demander comment les Gnotistes pouvaient s'en servir aussi efficacement. Si elle ne pensait pas que c'était impossible, Irina penserait certainement que la sphère d'informations des Gnotistes est constituée d'une multitude de structures différentes, comme si il s'agissait d'une mise en commun des cerveaux de tous les Gnotistes.
 
Elle essayait, pendant plusieurs de ses minutes, qui étaient en fait des millisecondes en "temps réel", de penetrer un sous-système informatif calme mais qui lui semblait plus "lumineux" que les autres, à la recherche d'informations complémentaires sur les Gnotistes dont l'Hégémon et elle même ne savaient en fait rien.
 
Un representant Gnotiste était venu, 3 mois "temps réel" plus tôt, directement dans le bureau de l'Hégémon. Il était venu proposer une alliance, qui était, en fait, la survie pour l'Hégire qui stagnait et qui, d'ici quelques années, commencerait à déperir. Au bout du compte, il était apparu que la meilleure façon pour l'Hégire d'accepter cette soumission provisoire était de monter une entrée en guerre de toutes pièces. Une horrible supercherie qui avait empecher l'Hégémon de dormir pendant de longues semaines avant d'être intimement convaincu que c'était la seule façon de sauver l'Hégire de la décadence. L'Hégémon aimait l'Hégire. Il l'aimait assez pour savoir que sa destruction était nécessaire pour la sauver. Mais après les première exactions sur Némis, l'Hégémon doutait. La puissance developpée dans ce conflit était trop importante. Pendant ces 3 mois, l'Hégémon avait adopté plusieurs mesures pour rendre le moins réactif possible l'ensemble de la flotte Hégirienne, selon le plan des Gnotistes.
 
Le verrou céda et Irina put entrer dans le module. Elle disposait d'assez de temps dans ce chaos ambiant pour recolter assez d'informations avant de se faire reperer par les faibles IA de sécurité des Gnotistes. Ce qu'elle y apprit semblait extremement important pour suciter chez elle une telle réaction.
 
Localisation : Surface de Némis/430.660.106
Temps : 266531914 TH

 
- Colonel debout!
 
- Quoi? Qu'y a-t-il?
 
Le colonel n'avait jamais eu affaire à une IA capable de transmettre un tel sentiment d'angoisse rien qu'à travers la "voix". Il pensait qu'elles n'en étaient tout simplement pas capables. C'était faux.
 
- Vous devez absolument vous diriger vers le poins d'atterissage du vaisseau mère Gnotiste et confirmer mes soupçons.
 
- Le vaisseau-mère de qui?
 
- Les Gnotistes. C'est le vrai nom des Externes. Depechez-vous, il me faut ces informations! L'Hégire court peut-être un danger encore plus grave que vous ne pouvez l'imaginer.
 
- Finalement je travaille pour une IA ou pour l'Hégémon? Tu es sûre que tu n'as pas été alterée dans mon "atterissage forcé"?
 
- Ne discutez pas bon sang! Je suis actuellement en train d'en parler à l'Hégémon, mais vous ne devez pas perdre de temps!
 
Localisation : -inconnue-
Temps : -

 
- Bon sang, mais comment...
- Comment avons-nous pu nous laisser berner ainsi? Je n'en sais rien, mais il va être très dur de remonter le pente. Les chances de survie de l'Hégire sont désormais de 0,31% avec ces nouvelles informations.
- Confirmez en visuel avec Adams.
- Je suis déjà en train de lui en parler.
- Un moyen d'empecher l'Hégire de subir le même sort que le reste?
- Si le "démon" nous trouve à son goût, l'Hégire sera assimilée. Sinon, elle sera détruite. Et si il y a un moyen de le combattre, cela ne se trouve certainement pas dans les archives des Gnotistes.
- Et notre plan de secours?
- Je suis en train de l'organiser. D'après mes estimations, nous devrions pouvoir y arriver avant la destruction de l'Hégire avec assez de marge pour ne pas être intercepté. Mais, d'après mes calculs, vous ne survivrez pas.
- Ma survie n'a guère d'importance. Ce démon a un nom?
- Oui. Il se fait appeler "Inquisiteur". Ah, et autre chose, le nom de "Gnotistes" est un nom générique pour nos ennemis. Il regroupe en fait plusieurs espèces. L'espèce dominante était connue sous le nom "d'Humains". Leur empire a été le premier à tomber.
- Ce sont eux que le colonel a vu?
- Il semblerait, oui.
- Quand saurons-nous si nous sommes au gout de cet "Inquisiteur"?
- Très bientôt, son vaisseau de contact est en train d'atterir.
 
Localisation : Surface de Némis/430.660.106
Temps : 266531916 TH

 
Le colonel et le caporal étaient allongés au sommet d'une dune de sable, camouflés par leurs combinaisons. Le ciel s'étaient assombrit et le vaisseau-mère se trouvait non loin du sol. Adams et Tenor étaient restés sans voix devant la beauté du vaisseau ennemi. Il était énorme et couvrait le ciel entier de sa lueur rouge. Du point de vue des militaires hégiriens, on pouvait dire qu'il enveloppait la planète entière, sans bruit. 6 énormes colonnes s'étaient déployées et descendaient maintenant en direction de la surface. La coque du vaisseau semblait être liquide, comme du sang coulant sur un mur, ou plutôt un rivière de sang suspendue dans le ciel. Tout ce que pouvaient voir les soldats hégiriens était teinté de rouge. Tous les soldats s'étaient réunis dans ce qu'il restait de la ville, protégeant l'endroit où les colonnes vinrent s'encastrer.
 
Le colonel passa la ville aux rayons Alpha pour detecter les civils hégiriens qui pouvaient encore être en vie. Il s'aperçu qu'un grand nombre avaient été parqués dans un batiment non loin des colonnes. Il ne pût effectuer le compte de ceux-ci car sa visière s'emplit soudain de parasites. Il la releva pour voir que les colonnes formaient maintenant un champ de protection orangé. Tous les soldats s'étaient mit en rang au garde à vous. Ils étaient des milliers.
 
- Le voila, chuchota l'IA comme si une autre personne que le colonel pouvait l'entendre.
 
- Qui ça?
 
- L'Inquisiteur.
 
Il ne pût aller plus loin car une forme était apparue au milieu des 6 colonnes, comme par enchantement. Le colonel mit un moment avant de vraiment réaliser.
 
Il s'agissait d'un être, si on peut l'appeler comme ça, d'environ 2 mètres 50 de haut. Il était vetu d'une longue toge rouge sang aux reflets noirs. La créature possédait 2 bras puissants, d'un noir luisant, herissés d'une centaine de pointes chacun. Chaque bras se terminait par 3 longues lames, apparement mobiles, qui formaient une pince. Au niveau du torse, on pouvait voir 5 longues piques transpercer la toge. La tête de la créature se tenait sur un cou parsemé de pointes. Le colonel dut user de ses jumelles pour observer précisement sa tête. Il se dit qu'elle était à la hauteur du reste. 2 yeux rouges étaient visibles, et le colonel crut y voir des flammes à l'interieur. En dessous se dressaient 4 paires de mandibules en acier devant un trou que le colonel identifia comme étant la bouche de la créature. Alors que l'Inquisiteur tournait sur place pour observer, semblait-il, l'environnement, le duo de militaire hégiriens put s'appercevoir que le dos de ce démon était aussi lisse que le reste de son corps. A travers la toge, les lames qui semblaient être les vertèbres de la créature dépassaient, d'un noir luisant qui semblait être la couleur de la peau du monstre.
 
Lorsque l'Inquisiteur eût fini son inspection, un groupe de soldats se dirigea vers l'endroit où les civils hégiriens avaient été enfermés.
 
- Je ne suis pas sûre de vouloir confirmer ça, intervint l'IA.
 
- Quoi donc, demanda Adams qui avait du mal à masquer la peur qui, pour la première fois de sa vie, faisait trembler sa voix.
 
- Vous allez voir. Mais j'espère sincerement me tromper.
 
Le groupe de soldat revint en trainant un civil qui n'arretait pas de se débattre. Il portait les vetements à la mode de l'Hégire et semblait ne pas avoir plus de 30 ans. C'est seulement lorsqu'il aperçu le créature qu'il se mit à vraiment hurler.
 
Les soldats lui firent passer le champ de force orangé de manière très brutale. Assez pour projeter l'hégirien au sol. L'Inquisiteur commença à se déplacer vers lui. L'hégirien se releva et tenta de retraverser le champ de force, sans succès. Il se retourna, l'Inquisiteur n'était plus qu'à 3 mètres de lui, bras ouvert, dans ce qui aurait pu être un geste d'affection si la créature n'avait pas été si terrifiante. Le civil hocha la tête, criant de plus en plus fort à mesure que la créature se rapprochait. Lorsqu'elle ne fût plus qu'à environ un mètre, elle prit l'hégirien tetanisé entre ses "doigts" et le souleva.
 
Dans un geste lent, elle rapprocha l'hégirien de son torse. Le civil était tellement terrorisé que le colonel, parcouru par un frisson, n'entendait rien, sinon le silence. Soudain, un cri dechira le ciel. La créature était en train d'empaler l'hégirien sur ses 5 piques effilées, le sang venant tacher le sable. La victime était encore vivante lorsqu'elle fût collée à la créature, incapable de sortir le moindre son en raison de ses poumons perforés. Alors que le colonel avait cru assister à la plus horrible des choses qu'il soit donnée de voir à quelqu'un, l'Inquisiteur écarta ses mandibules dans un bruit de frottements de métal et plongea 2 cables dans les orifices nasaux de sa proie. A la vision des yeux de celle-ci, le colonel avait pu determiner que la créature était en train de s'affairer dans son cerveau. Rapidement, l'Inquisiteur retracta ses cables dans le trou de la créature avant de refermer ses mandibules.
 
D'un seul bras, la créature arracha sa victime à son étreinte mortelle, dechiquetant les chairs et jetant le cadavre, meconnaissable et desarticulé, au travers du champ de force.
 
Le colonel arma son fusil plasma.
 
- Non, s'empressa d'intervenir son IA.
 
- Et pourquoi?
 
- Premierement, le champ de force, deuxiemement, d'après mes informations, cette... chose... ne peut être détruite comme ça. Et troisièmement, je ne sais pas si vous avez vu le nombre de soldats qu'il y a. Nous en savons assez, rentrons!
 
Localisation : -inconnue-
Temps : -

 
- On a un sérieux problème.
- Vos craintes se sont averées fondées?
- Oui. Et c'est assez horrible à voir.
- Résultat? Peut-on négocier?
 
Irina diffusa à l'Hégémon les images des bombardements planetaires à partir de l'orbite basse de Némis, sur toutes les villes et villages de la planète. Celle-ci n'était plus qu'un amas de cendres et de braises.
 
- Il n'ont pas l'air de vouloir négocier hein?
- En effet. Les bombardements ont commencé juste après le départ du drone de la planète. Le colonel et le caporal sont à bord, à l'infirmerie, hors de danger.
- Ordonnez l'évacuation du système de Némis.
- C'est fait, le X-01 est en route.
- Très bien. Et c'est le lieutenant Tenor désormais.
- Bien. Au fait, les images de l'Inquisiteur sont sur votre boite privée. Non censurées.
- C'est la version que je diffuserai au Conseil.
- Si il y a quelqu'un pour nous venir en aide, qu'il se fasse connaitre très vite.
- Hélas, je ne pense pas que nous puissions compter sur un quelconque allié. Nous sommes seuls.
- Alors nous sommes perdus.
Par lap1.blanc
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Dimanche 9 décembre 2007
Si l'Hégire n'a rencontré aucune menace intelligente depuis son instauration, à part elle-même, c'est certainement à cause de sa politique d'extinction systematique des espèces menaçantes sur chacune des planètes colonisées. Chaque nouvelle espèce qui avait la capacité théorique de mettre l'Hégire dans sa chaine alimentaire se voyait automatiquement éliminée et remplacée par une espèce inoffensive. Dans les couloirs des hautes instances militaires de l'Hégire, les ennemis avaient été batisés "Externes", car ne rentrant dans aucun des schémas standards connus.

La rumeur commençait à circuler. Déjà on entendait les citoyens parler de la chute de Némis, de la défaite de la Flotte et, sous cape, de la chute de l'Hégire. Le Service des Citoyens reussit à prendre le dessus par des actes de propagande massive, convaincant les citoyens de la supériorité de l'Hégire, et que la défaite apparente n'est qu'un plan beaucoup plus vaste pour éliminer l'ennemi de manière radicale.

Sur toutes les planètes colonisées, les écrans hypertrans diffusaient les messages de soutien, les fausses statistiques et la chute de Némis ne préoccupa plus qu'une élite pensante sans pouvoir.

L'Hégémon était satisfait. Le peuple était, de nouveau, anesthésié et aucun detecteur longue portée, sur aucune des planètes de l'Hégire n'avait detecté de vaisseau en approche. La seule ombre au tableau était que l'Hégire comptait à présent une planète en moins. Mais d'ici 3 heures, l'équipe du Commander Egins allait transmettre des informations capitales pour la riposte. Depuis maintenant 12 heures, toutes les usines militaires de l'Hégire fonctionnaient à plein régime. Un tout nouvel équipement sortait des usines et la formation des officiers avait été accelerée. Dans moins d'un mois, l'Hégire pourrait riposter d'une main de fer, et renvoyer les Externes chez eux. Non... Aller détruire leur chez eux.

Vaisseau : X-01
Type : Frégate
Classe : 6-M
Capitaine : Commandant Terry Niel
Localisation : Subespace : Némis/430.660.106
Code mission : B420KZ6
Temps : 266531550 TH


Le Colonel Adams était en train de revetir l'armure Surt avec ses hommes dans la soute du vaisseau. Le sergent Trent était déjà prêt, assis sur une caisse en métal. Le camouflage thermo-optique de son armure n'était pas actif mais le noir de celle-ci semblait absorber toute la lumière. Sa visière était relevée sur le haut de sa tête et la cavité à IA était encore vide. Il portait en bandoulière son fusil d'assaut plasma et était en train de configurer son interface neurale grâce au boitier de commande ancré dans son avant bras gauche. Lorsqu'il eu fini, le boitier se recouvrit de peau puis l'armure se referma par dessus. Il leva la tête et lança en direction d'un soldat près de lui :

- Si tu comptes dépasser le record de temps pour mettre cette putain d'armure, tu peux arreter tout de suite Tanner, t'as déjà tout explosé!
- Va chier Trent! lança le soldat qui était en train de s'énerver sur la fermeture de sa jambière.
- Tu t'es coincé quelque chose dedans? railla le sergent.
- J'aimerai bien y coincer ta gueule! répondit le soldat qui avait enfin atteint son objectif.

Le colonel avait fini et commençait à programmer son interface neurale pour recevoir la nouvelle IA quand il ordonna calmement, sans lever les yeux de son boitier, à ses hommes de se calmer. Tous s'executèrent et finirent de se préparer.

Une fois son interface configurée, le colonel vint près de son équipe, qui se mit en rang, au garde à vous. Il ouvrit une caisse pleine de petites puces en silicone.

- Voilà les nouvelles IA. Vous allez peut-être regretter vos anciennes amies, mais celles-ci sont autrement plus efficaces. Toutes les anciennes fonctionnalités sont présentes mais, et c'est là la grande révolution, elles sont aussi capables de s'affranchir des limites de vos cerveaux, et d'apprendre beaucoup plus vite que vous. Je ne sais pas si elles sont susceptibles, mais je vous conseille d'être patients avec elles, elles ne sont pas aussi dociles que les versions précédentes, à ce qu'on m'en a dit. Servez-vous, et faites connaissance.

Lorsque tout le monde avait fini de s'introduire les puces de silicone dans les cavités prévues à cet effet, le colonel ouvrit une autre caisse, contenant une seule puce et se l'inserra dans la cavité, derrière la nuque. La sensation de picotement était plus intense que les fois précédentes et la chaleur qui suivait était beaucoup plus reconfortante. Puis il entendit une voix, dans sa tête, une voix familière.

- Bonjour.

Adams savait qu'il lui suffisait de penser pour interagir avec l'IA, mais il avait toujours preferé parler dans son casque, haut parleur externes coupés. Il baissa donc sa visière.

- Bonjour Irina.
- L'interfaçage est parfait, je ne savais pas que des entités physiques en étaient capable.
- Nous sommes les meilleurs.
- L'objectif de votre mission est de récolter le plus d'information sur les Externes. Tout contact se fera par communication subspatiale.
- C'est cher.
- Oui, mais c'est sûr. Vous n'avez l'autorisation de tirer qu'en cas de necessité. Restez discret autant que possible.
- Vraiment?
- Ne soyez pas suffisant, colonel. Je suis en train de configurer votre interface visuelle... Voilà.

Devant les yeux du colonel était apparue toute son interface à travers sa visière.

- J'ai modifié quelques élements, je sais que vous aimez. Je trouvais l'indicateur de bouclier plus beau comme ça.
- En effet.
- Bien, on va sortir du sous-espace dans une dizaine de minutes. Vos hommes sont près. Les sécurités des fusils sont toujours actives, elles seront deverrouillées une fois à la surface. Je vous conseille de vous installer dans le drone d'atterissage, si la Frégate est reperée, on pourra toujours s'echapper.
- Aucune raison.
- Assez de raisons à mon goût.

Cette IA semblait beaucoup plus autonome que les précédentes. Il aurait fallu que le colonel et son équipe ait un entrainement préalable avec. Faire connaissance sur le terrain n'est pas la meilleure chose.

La Frégate sortit du subespace camouflée. La fenêtre de sous-espace ne pouvait pas passer inaperçue, c'est pourquoi une sonde d'exploration avait été envoyée en même temps, afin de servir de leurre. Elle fût rapidement détruite. Mais les vaisseaux Externes ne se montrèrent nullement menaçants face à la Frégate. Ils ne pouvaient donc pas la voir, la Frégate se mit en orbite basse et largua le drone d'atterrissage en direction de la planète.

Vaisseau : X-01/A1
Type : Drone d'atterrissage modifié
Classe : 23-M
Capitaine : IA
Localisation : Atmosphère haute de Némis/430.660.106
Code mission : -secret-
Temps : 266531601 TH


Le drone tremblait à l'entrée dans l'atmosphère dense de Némis. Les boucliers thermiques étaient activés et fonctionnaient au maximum pour limiter l'apparition de flammes, que l'ennemi pourrait facilement détecter.

- Si les Externes ne nous détectent pas d'ici 15 secondes, le reste de la descente devrait se faire sans encombres.

Le colonel avait à peine écouté ce que lui avait dit l'IA, il regardait ses soldats solidement harnachés. Enfin, il regardait plutôt son propre reflet sur leurs visières de combat noires. Il consultait leurs indicateurs vitaux un à un. Tout semblait normal jusqu'à présent. Le X-01 était toujours en orbite, camouflé.

- Atterrissage dans 9... 8... 7...

Le drone s'était stabilisé et la décélération se faisait maintenant nettement sentir, plaquant les hommes de l'unité à leur siège. L'intérieur du vaisseau, très sobre, ne comportant qu'un ratelier d'une dizaine d'armes, 4 trousses de secours et une douzaine de sièges accrochés à la coque d'un blanc immaculé, semblait s'affaisser, se contracter, pour finalement revenir à sa taille normale au "0" de l'IA.

Tous les soldats se détachèrent de l'etreinte de leurs sièges et se mirent en position de sortie. Le colonel communiqua le plan de disposition à la sortie du drone et la porte s'ouvrit.

Si quelqu'un était posté à l'exterieur, il ne pouvait rien voir. Il aurait, à la limite, vu bouger les feuilles des arbres environnants, mais il n'aurait pas vu le deploiement des forces hégémoniennes. Le colonel voyait son unité clairement sur sa visière de combat. Il savait que les formes dessinées, en bleu, sur sa visière étaient purement artificielles et que si il coupait l'assistance de vision, il ne verrait aucun de ses soldats. Les tenues de camouflage étaient parfaites.

Les soldats de mirent en position en "V" autour de la porte du drone et inspectèrent rapidement les environs, fusils à plasma au poing. Le colonel leur ordonna de se diriger vers une position à couvert dans le village visible à 500 mètres. Ils se déplacèrent de position abritée en position abritée jusqu'à atteindre la porte du village, symbolisée par une arche. C'était un petit village hégémonien, qui abritait certainement "les conditionnés", cette faction hégémonienne qui revendicait l'absence de technologies et qui vivait dans des villages comme ceux-ci, en harmonie, disait-ils, avec la nature et l'environnement de chaque planète. Ce village semblait desert. Le colonel remarqua deux traces continues et parallèles dans la terre au milieu de la porte, quittant le village pour rejoindre le sentier en pierres non loin. Il tourna la tête d'un coté puis de l'autre pour voir son unité adossée de chaque coté de la porte, sur le mur d'enceinte du village.

- Peut-être que ces traces ne sortent pas, intervint l'IA.
- J'y avais aussi pensé.

Le colonel fit signe à son équipe de se séparer en 2, une faction restant là, l'autre faisant le tour de l'enceinte pour voir du coté de l'autre porte. Il passa ensuite lentement la tête dans l'embrasure de l'arche pour tenter de déceler des signes de vie pendant que la faction rejoignait, sans bruit, l'autre coté.

Ce qu'il vit ne ressemblait à rien de connu dans l'Hégire. Un monstre de métal, monté sur des rubans d'acier se dressait au milieu du village. Plusieurs silhouettes s'agitaient autour, trop rapidement pour que le colonel puisse en discerner les formes, mais elles semblaient plus petites que la moyenne hégirienne. Le "monstre d'acier" se mit soudain à bouger. La partie haute tournait sur elle même révelant au colonel 3 longs tubes de métal qui commençaient à pointer en sa direction. Le colonel se remit dos au mur et diffusa les images à chacun de ses soldats, puis par transmission subspatiale à la Frégate en orbite, qui allait certainement le relayer à l'Hégire dans la seconde. Avant que la Frégate accuse reception, le sergent Trent, de l'autre coté du village, lui envoya les images en gros plan des unités d'infanterie (enfin, ce que le colonel supposait être l'infanterie).

Le sergent Trent en avait surpris au dela de la porte et avait été approché, avec sa faction, par 3 d'entre eux, sans être reperé. Les Externes portaient des armures colorées, au ton de l'environnement. Ils étaient plus petits que le plus petit des soldats de cette unité, se déplacaient comme les hégémoniens, sur 2 appuis. Leurs membres manufacteurs étaient au nombre de 2 et comptaient 5 petits appendices en leur bout, contrairement aux hégiriens qui n'en comptaient que 4. En bref, mis à part certaines différences mineures, notament la taille, on aurait pu les confondre avec des citoyens hégiriens. Leurs equipements au sol semblaient plus primitifs que ceux de l'Hégémonie. On ne pouvait pas reconnaitre la nature de leurs armes mais elles ne comportaient aucun signe distinctif de la technologie plasma de l'Hégire.

La seule chose qui laissait supposer une avance technologique apparente était cette sorte de tourelle mobile. L'Hégire n'en possédait pas. Les combats se faisait entre infanteries ou, la plupart du temps, entre l'infanterie Hégirienne et les quelques civils rebelles d'une planète. Le colonel commença à compter les unités ennemies. Il fallait ramener un specimen dans l'Hégire, si possible vivant. La première ville était à plus de 50 km au nord, et regroupait un grand nombre d'unités Externes. Les ordres qu'avait reçu le colonel ne faisait mention que de la capture d'une unité ennemie intelligente. La frégate en orbite se chargerait du décompte des unités déployées sur la planète depuis son orbite.

Le colonel se chargeait donc de compter. La tourelle continuait de tourner, comme si elle scrutait l'ensemble du village. Le sergent Trent s'était rapproché des 3 soldats afin d'enregistrer leurs conversations, pour que les spécialiste puissent les décrypter. A l'interieur du village, le colonel avait pu compter une trentaine d'unités visibles. Sa visions infrarouge lui permettait de voir une dizaine d'autres unités affairées dans les maisons de bois et de paille du village. Une lueur rouge apparue dans le coin de sa visière, son IA l'interpella :

- Le vaisseau mère ennemi entre en approche de la planète. On dirait qu'il s'apprete à se poser.

Au même instant, un ennemi interpella les autres pour leur parler. Le colonel decida que c'est cette personne qu'il fallait capturer, certainement le chef qui devait dire à ses troupes que leur gros vaisseau se posait.

Tout l'unité se mit en place, 4 soldats avaient grimpé sur le mur et s'étaient mis en position. 4 autres s'étaient positionnés de chaque coté des arches, fusil plasma pointés dans le village. Les 4 restants, donc le sergent Trent qui les avait rejoint, se préparant à pénetrer dans le village, furtivement, au commandement du colonel, legerement en retrait des positions.

Avec une coordination parfaite, 4 soldats entrèrent dans le village, déclenchant les alarmes tactiles que l'ennemi avait positionné. En un instant, tous les ennemis s'étaient mis en positions, leurs armes pointées vers les arches. Les 3 soldats qui s'étaient éloignés du village étaient en train de revenir, en courant, vers leurs camarades. Le colonel fût surpris de ne pas avoir decelé un tel dispositif. Il comptait encore sur leurs camouflages thermo-optique pour garder l'effet de surprise. Il regardait ses soldats qui étaient entrés dans le village se mettre en position, dans les cris affolés de l'ennemi. Ou, tout du moins, le colonel pensait que c'était des cris.

- Feu à volonté, laissez le marqué vivant.

Tous les soldats voyaient la position de celui à ne pas abattre, en vert, sur leur visière. Dans la première salve de plasma, 6 ennemis tombèrent. La tourelle n'eut aucun mal à repérer la provenance d'une salve et faire feu, en haut du mur d'enceinte. Un puissant laser vint s'écraser sur le bouclier du soldat Tanner avant que la mini fusée qui explosa juste devant lui l'envoit s'écraser une trantaine de mètres plus loin, les différentes alertes hurlant dans son casque, son IA lui signalant que son état était critique, juste avant qu'il ne perde connaissance.

Certains ennemis se rassemblèrent près de la tourelle mobile avant de faire feu, dans les directions d'où provenaient les tirs de plasma. Des centaines de projectiles s'élancèrent dans les airs, dans un vacarme de petites detonations assourdissantes. Plusieurs tirs de plasma vinrent s'écraser sur le bouclier de la tourelle de métal avant que celle-ci ne réplique en détruisant l'arche par où était entré Trent, ensevelissant 2 soldats Hégiriens sous les décombres.

Le colonel ordonna de cesser le feu et de choisir la voie de la discretion pour éliminer les ennemis. Les 3 soldats encore sur le mur d'enceinte investirent le village pendant que les 4 infiltrés quittaient leurs positions sous le feu ennemi. Le colonel penetra en même temps que les 2 soldats restants, son bouclier encaissant quelques projectiles ennemis qui faisaient briller son bouclier aux points d'impacts. Une fois ses hommes repositionnés, ils attendirent que les Externes se calment. Les positions qu'occupaient quelques secondes avant les "infiltrés" étaient en feu après le tir de la tourelle. Le feu commençait à se propager dans tout le village.

L'infanterie hégirienne se déplaça lentement en direction des soldats les plus isolés afin de les neutraliser d'un coup de lame pulsante dans la tête. Le colonel estimait le nombre d'ennemis restant à une vingtaine, tous autour de la tourelle, dont celui qui était devenu la cible de la mission. Un torrent de détonation se fit entendre d'un coup. Le sergent Trent était pris pour cible et son bouclier avait beaucoup souffert des premiers impacts coordonnés. Le colonel laissa tomber le corps dont il venait d'oter la vie pour évaluer la situation de visu. Le sergent avait été trahis par la fumée du feu qui se répandait dans le village, dessinant les contours de son armure. Le sergent avait posé un genou à terre et tirait en direction de la tourelle avec son fusil plasma. L'indicateur de santé du sergent montrait qu'il s'était pris un projectile dans la jambe. Son bouclier était pourtant encore à 30%. Le sergent Trent tentait de se dégager de la ligne de tir ennemie quand la tourelle fit feu pour déchiqueter le sergent dont le bouclier et une partie de son abdomen furent anéhanti par le laser du monstre d'acier. Le cri que poussa le sergent avant de prendre la roquette de plein fouet restait contenu dans son casque.

- Il a voulu prendre une position plus à l'abri, intervint l'IA du colonel.
- C'est plutôt raté, dit le colonel d'une voix nonchalante.
Que s'est-il passé, fit-il en se mettant à l'abri en reprenant son fusil plasma au poing.
- Les projectiles Externes ont créé une zone affaiblie dans laquelle s'est engoufré un autre projectile pour finir dans sa jambe.
- Comment est-ce possible? s'enquit le colonel.
- Ces boucliers fonctionnent sur la répartition de la puissance de l'impact. 5 projectiles ont touché quasiment en même temps le bouclier du sergent, créant une zone 5 fois plus affaiblie en leur sein. Un sixième s'est engagé dans cet hexagone.
- Et l'armure? s'etonna Adams.
- Elles n'ont quasiment aucun effet sur les projectiles qu'ils utilisent. Vous êtes plus vulnérables que d'habitude.
- NOUS sommes plus vulnérables.
- Ma conscience est sauvegardée toute les secondes en dehors de ce corps. VOUS êtes vulnérable. JE suis trop importante pour être tuée.
- Quelle franchise!
- Vous aimez ça.

Pendant de longues minutes, aucun soldat, qu'il soit Externe ou Hégirien, n'osa bouger. La tension fût brisée par la mise en marche des rubans d'acier qui permirent à la tourelle d'avancer en direction de la seule porte encore intacte, protégeant, avec son bouclier, les soldats qui étaient à ses cotés. 3 grenades à plasma explosèrent sur le bouclier du monstre, qui tira 3 fois en direction des points de lancement de celles-ci, propulsant 2 soldats Hégiriens dans les airs, camouflages hors service et en enterrant le dernier directement dans le sol par la force d'explostion de la roquette, sa tête présentant un orifice supplémentaire de 15 centimètres.

Le feu avait maintenant embrasé tout le village, et le colonel, avec le reste de ses hommes, s'étaient mis à l'abri pour observer leur cible, protégée par le monstre, s'éloigner du village en direction de la ville. Il était en train d'élaborer un plan pour accomplir leur mission lorsqu'un grondement sourd le fit lever la tête.

Un vaisseau de petite taille se dirigeait rapidement dans la direction du village. Il passa une première fois au dessus puis fit demi-tour pour pointer son nez en direction du sol, droit sur le village.

- C'est une position d'attaque! cria l'IA, évacuez la zone immédiatement!

Les 6 militaires firent quelques pas en courant en dehors du village lorsqu'ils furent propulsés dans les airs par la violence de l'explosion derrière eux. Toutes les alarmes émettaient leurs cris stridents dans le casque du colonel lorsqu'il vit se rapprocher le sol dangereusement vite.

Localisation : -inconnue-
Temps : -


- Des survivants?
- Peut-être. 10 morts de manière certaine. 2 inconscients. 1 mort cerebral.
- Adams?
- Inconscient.
- Sauvez-le.
- Je m'y emploie, mais le choc a été extremement violent. Sa combinaison ne réagit pas comme je le voudrai.
- Envoyez une équipe depuis le vaisseau.
- Le drone est déjà en route vers le vaisseau, mais nous n'avons plus de combinaisons. De plus, j'intercepte dans les communications des Gnotistes des données inquiétantes.
- De quel genre?
- Ils sont au courant pour la technologie d'invisibilité. Ils tentent de mettre en place des contre-mesure.
- L'avions-nous prévu?
- Oui, mais pas aussi tôt. La probabilité d'accomplissement de notre objectif est passée à moins de 45%.
- Inquiétant.
- En effet. De plus, les Gnotistes ne nous ont pas contacté comme prévu.
- C'est-à-dire?
- C'est-à-dire que cela fait 2 heures que j'attends leur contact. Nous ne sommes plus sûr de l'issue du combat.
- Comment ça?
- La probabilité de victoire des Gnotistes avant les 5 mois nécessaires est passée à 38%.
- Que pouvons nous faire?
- Attendre qu'ils respectent leurs engagements.
- Si ils ne le font pas?
- Impossible.
- Hier, il était impossible que le risque encouru soit supérieur à 5%.
- Je sais. Nous nous sommes peut-être trompés.
- C'est sur vos conseils et vos assurances que j'ai accepté de mettre en jeu l'avenir de l'Hégire.
- L'Hégire doit être détruit.
- Pas détruit! Assimilé par une autre forme de connaissance et de conscience.
- Il y a un autre risque.
- Lequel?
- Celui que les Gnotistes ne soient pas aussi surement de notre coté, et pas aussi bienfaisants que nous l'esperions.
- Vous vous payez ma tête!
- Non, il y a un risque que nous nous soyons trompés à leur sujet. J'ai pu penetrer leur bibliothèque. Leur histoire est pleine de guerres pour des raisons... bancales... Et les traitrises sont nombreuses, même lors d'accords signés. Or, nous n'avons avec eux aucun accord.
- Vous...
- Nous avons aussi intercepté autre chose. Ils sont guidés par un seul être. Nous n'arrivons pas à identifer ses intentions.
- Un Gnotiste?
- Non. Il n'appartient à aucune race connue. De plus, il semblerait qu'il toruve son plaisir dans un certains sadisme.
- Quelles sont nos chances de victoire?
- Nous n'avons pas effectué ce calcul.
- Faites le!
- 3%.
- J'ai donné l'Hégire à un sadique.
- Le terme le plus proche serait "démon".
- Nous nous sommes trompés. Nous devons riposter. Nous reprendrons Némis et nous détruirons les Gnotistes!
- La probabilité est...
- Je sais! Mais nous le ferons!
- Comme vous le voudrez. Après tout, c'est vous l'Hégémon...
Par lap1.blanc
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Dimanche 9 décembre 2007
Localisation : Centre de Commandement de la Flotte Hégirienne/403.53.9
Temps : 266501543 TH


Le Commander Egins se rendait à la salle de réunion, comme tous les matins, saluant au passage les officiers subalternes qu'il croisait. Il affichait l'air préoccupé des mauvais jours. Il valida son pass puis penetra dans la salle où attendaient déjà toutes les plus grandes figures du commandement tactique de l'Hégire. Tous se levèrent en silence.

- Restez assis, annonça le Commander, nous devons attendre l'Hégémon avant de commencer. Il devrait arriver d'une minute à l'autre, son vaisseau était en approche tôt dans la matinée.

A peine eut-il terminé sa phrase qu'à l'autre bout de la pièce, de l'autre coté de la grande table oblongue de la salle, la porte laissait apparaitre, dans le silence de son ouverture, la silouhette familière de l'Hégémon. Tous les présents le saluèrent en choeur. La voix grave et posée de l'Hégémon resonna dans la pièce :

- Repos. Ne perdons pas de temps. Je vous connais tous, allez droit au but.

Le Commander Egins prit le premier la parole, s'adressant à l'Hégémon, dans sa parure quasi-impériale, aux couleurs vives, contrastant avec son teint pâle de bureaucrate :

- Monsieur, les premières analyses de l'épave montre que nous avons affaire avec une arme non hegerienne, une arme à faisceau très probablement.
- Le faisceau vert qu'a rencontré le Pégase? demanda l'Hégémon.
- C'est probable, Monsieur. D'après nos indications, il semblerait qu'il s'agisse d'un faisceau de particules à faible densité et aux grandes capacités energetiques.
- Très probablement des barions, lança un petit gringalet portant l'insigne du Departement de Recherche.

L'Hégémon analysa la situation quelques instants avant de reprendre la parole :

- Que conseillez vous, Commander?
- L'organisation de patrouilles en bordure intérieure, ainsi que l'escorte de tous les vaisseaux de classe Theta jusqu'à ce qu'on en sache plus.

Avant la réponse de l'Hégémon, un officier, plutot costaux, portant l'uniforme de la Flotte assorti du grade d'Amiral, dit :

- Tous les vaisseaux inférieurs à un classe Theta ne pourront resister à l'assaut d'un seul de leurs vaisseaux. Que conseillez-vous pour ceux la, Commander?
- Aucun ne vaisseau ne devra se déplacer seul, Amiral Simmons. Il nous faut revoir l'ensemble de nos stratégies. Ce ne sont plus de simples deviants, il s'agit de quelque chose de bien plus puissant. Et rien ne dit que nous avons eu affaire à leur vaisseau le plus puissant.

L'Hégémon était en train de se lever lorsqu'il lança son "Ainsi soit-il", confirmant les orientations qui avaient été enoncées. L'officier du Département de Recherche l'interpella alors qu'il s'appretait à franchir la porte.

- Monsieur, concernant nos tentatives de communication, que devons nous faire?

Sans se retourner, l'Hégémon, de sa voix caractéristique, repondit :

- Continuez. Faites les parler. Et si ils ne parlent pas, alors rendez les vraiment muets à jamais.

Lorsqu'il fût seul dans son bureau, le Commander ne put s'empecher de penser à un auteur connu, qui avait un jour dit "Nous ne pouvons nous entendre avec des espèces inconnues que si nous trouvons le moyen de communiquer avec elles. Si nous n'y parvenons pas et qu'elles se montrent hostiles, une des deux doit disparaitre". L'Hégire ne pouvait pas tomber, et cette espèce était la première espèce intelligente dotée de technologie spatiale. Et un seul de leurs vaisseaux avait reduit en pièce le fleuron de la Flotte. Cela n'avait rien à voir avec les quelques vaisseaux détournés par des deviants. L'Hégire venait de perdre la première bataille inter-espèce de son histoire.


Vaisseau : Centaure
Type : Croiseur d'assaut
Classe : Theta
Capitaine : Contre-Amiral Trend Riose
Localisation : Orbite basse de Némis/430.660.106
Code mission : H332KZ5
Temps : 266521543 TH


- Mon Amiral, le dernier chargement de vivres vient de partir. Tout semble normal, l'énergie est correctement distribuée, les Temples sont fonctionnels.
- Bien, prevenez l'escorte, mettez vous en orbite eloignée et ouvrez une fenêtre subspatiale.

Le Commandant en Second acquiesca, et fit les manoeuvres nécessaires. 10 bonnes minutes après, l'officier radar interpella l'Amiral.

- Mon Amiral, je percois une signature inconnue sur le scanner subspatial. Grosse signature. Sortie dans l'espace normal dans 30 secondes à un millier de kilomètres de notre position. Approche confirmée par le Titanium.

L'Amiral ouvrit les canaux de communication privée :

- A tous les batiments de la Flotte, adoptez la position Alpha-3, boucliers au maximum, parés à faire feu.

Se tournant vers son Commandant en Second :

- Chargez le CAM. Préparez les Séraphins. Ouvrez tous les canaux sur toutes les fréquences, traduction dans tous les dialectes. Envoyez un message à l'Hégire.
- Bien mon Amiral.

30 secondes plus tard, sur les écrans à zoom optique maximal, une fenêtre subspatiale s'ouvrit, de sa couleur legèrement grisée. L'amiral alluma le micro et diffusa :

- Ici le Contre-Amiral Riose à bord du Croiseur d'assaut Centaure. Declinez votre iden...

L'Amiral se tut un instant, voyant sortir de la fenêtre une dizaine de vaisseaux, aussi gros que sur les enregistrements du Pégase, suivi d'un vaisseau gros comme le quart d'une planète :

- ...tité.

Le Commandant en Second se tourna vers l'Amiral, mais avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit, l'écran de communication privé s'etait allumé, affichant un visage inquiet d'un Capitaine de vaisseau, le Titanium :

- Mon Amiral, si ces vaisseaux sont aussi puissants que celui qu'ont rencontré le Flèche et le Pégase, nous allons...
- ... je sais!, s'impatienta l'Amiral, essayons donc la diplomatie.

Le Commandant en Second, inquiet, questionna son supérieur :

- Comment comptez-vous vous y prendre mon Amiral?
- Et bien, repondit l'Amiral en essayant de retrouver son sang froid, je pensais à un truc du genre "Bonjour, et bienvenue chez nous. Vous êtes ici en vacances ou juste de passage?"

Puis sans attendre de réponse, il diffusa, sur toutes fréquences :

- Ici le commandant du Croiseur d'Assaut Centaure. Veuillez décliner votre identité ou nous considererons vos intentions comme hostiles et devrons ouvrir le feu.

Après avoir coupé le micro, son Commandant en Second lui dit :

- Bel exemple de diplomatie.
- Merci, repondit calmement l'Amiral, j'ai preferé rester dans le classique, histoire de ne pas les destabiliser.
- Mon Amiral, interrompit un officier, ils répondent!
- Passez sur les haut-parleurs de la passerelle.

Ce qui en sorti était completement incompréhensible. Une suite de sons graves, sans aucune correspondance dans les logiciels de traduction. L'Amiral en avisa l'Hégire, qui répondit presque aussitôt :

"N'engagez pas le combat. Renforts en route. Déficit de temps : 12 heures."

L'Amiral souffla, lentement. Il était certains qu'une bataille de cet ordre serait une défaite monstrueuse. L'escorte était composée d'une dizaine de Frégates, de 5 Corvettes et 2 Cannonières. La puissance de feu de l'ennemi pouvait s'exprimer ainsi : 10 à 15 fois plus. Sans compter l'énorme vaisseau se trouvant en deuxième ligne. Les vaisseaux ennemis se rapprochèrent à vitesse réduite jusqu'à se stopper à 400 kilomètres de la première Frégate. Aucune communication ne fut détectée. L'ennemi restait juste là, attendant.

Ce fût la demi-journée la plus longue que le Contre-Amiral avait vécu jusqu'ici. Après 12 heures de stress et d'angoisse, à guetter le moindre mouvement ennemi, la moindre signature energetique suspecte, les vaisseaux de l'Hégire sortirent du sous-espace. Un contact s'etablit directement :

- Ici l'Amiral Simmons à bord du Croiseur d'Assaut Pégase. Quelle est la situation, Amiral?

L'Amiral Riose lui expliqua, tout en consultant le radar : 6 Croiseurs de classe theta étaient arrivés, ainsi qu'une dizaine de cannonières suivies de 20 Corvettes. Les forces s'equilibraient quelque peu, mais, au gout de Riose, ce n'était pas suffisant.

- Mon Amiral! Signature modifiée pour le gros vaisseau. On dirait qu'il se prepare à ouvrir le feu!

Immediatement, les nouveaux vaisseaux se mirent en position, se préparant à ouvrir le feu au commandement de l'Amiral Simmons.


Vaisseau : Pégase
Type : Croiseur d'assaut
Classe : Theta
Capitaine : Amiral Blend Simmons
Localisation : Orbite haute de Némis/430.660.106
Code mission : F332KZ1
Temps : 266589640 TH


- Trouvez une solution de tir sur le plus gros vaisseau.
- Impossible mon Amiral, le signal est brouillé. Je peux verrouiller sur un des autres vaisseaux uniquement.
- Bien, chargez le CAM. Verrouillez sur le vaisseau ennemi le plus proche et tirez à mon commandement.

Alors que l'officier s'executait, le vaisseau le plus imposant lanca une enorme boule orangée en direction de la cannonière la plus proche, traversant son bouclier et transperçant sa coque de part en part avant de venir s'echouer sur le bouclier d'une Corvette. Une poignée de secondes plus tard, des pods de secours s'ejectèrent des parties encore intact de la cannonière en train de se disloquer.

- Feu à volonté! s'écria Simmons

Alors que tous les vaisseaux de l'Hégire tiraient, dans des centaines de trainées de feu, les vaisseaux ennemis opposèrent leurs flancs, dévoilant leurs batteries lasers. Les missiles hegiriens explosèrent sur les boucliers, occultant pendant un moment les cibles, dans leur balai de particules lumineuses.

- Amiral, les CAM sont prêts! informa le Commandant en Second
- Feu, sur tout ce qui bouge en face!

7 missiles AM se dirigèrent, dans leur éclat violet, en direction des positions ennemies. Peu après leurs explosions, des milliers de petits vaisseaux étaient apparus près du vaisseau mère ennemi, se dirigeant vers la Flotte Hégirienne. L'Amiral ordonna immédiatement le décollage des Séraphins, alors que les puissants lasers de l'ennemi étaient en train d'entailler les coques des Frégates et Corvettes.

Avant même que l'Amiral puisse donner l'ordre de se repositionner, 4 boules orangées transpercèrent 7 vaisseaux. Après cette vague, seuls subsistaient les 7 Croiseurs d'Assaut, une Cannonière et 10 Corvettes, faisant toujours feu avec leurs missiles Mero. Les Séraphins étaient en combat avec les milliers de petits chasseurs ennemis, largement dépassés par le nombre mais pas en puissance. C'était bien là le seul avantage de l'Hégire sur les vaisseaux inconnus.


Localisation : Mère/*.*.*
Temps : 266589840 TH


Le Commander Egins se tenait derrière l'Hégémon, regardant lui aussi les rapports des différents vaisseaux s'afficher sur l'énorme écran de la suite Hégirienne. Son implant neural lui permettait de rester en contact avec le Centre de Commandement et de diriger les opérations à distance. Sur l'écran de contrôle, le plus à droite, on pouvait y voir une representation 3D en temps réel de l'état de chacun des vaisseaux qui faisait face à l'ennemi. La majeure partie avait été détruite maintenant, et les vaisseaux restants voyaient leurs boucliers sérieusement endommagés. Seul un seul des plus petits vaisseaux ennemis avait pu être endommagé et un missile AM se dirigeait désormais vers lui pour l'achever. Tous les autres vaisseaux, dont le plus inquiétant, etaient parfaitement intacts.

- Monsieur... osa le Commander.
- Je sais. Ordonnez le repli et enclenchez le dispositif d'autodestruction de Némis.

C'est exactement ce que redoutait le Commander. Némis faisait parti de la Ceinture Intérieure et, à ce titre, disposait d'un moyen d'accès, secret, à Mère. L'Hégémon précédent, qui avait due faire face à la sécession des deviants, avait fait installer un dispositif d'autodestruction massif sur toutes les installations sensibles des planètes de la Ceinture Intérieure, au cas où celles-ci tomberaient aux mains déviantes. En théorie, le dispositif de fusion est limité dans le temps et l'espace mais Némis est une planète réactive, et rien ne dit que le processus s'arretera avant d'enclencher un processus de fusion total, en éliminant la totalité de la population. Avec un peu de chance cependant, les vaisseaux ennemis pourraient en patir.

- Bien Monsieur.

Après quelques instants, les vaisseaux se mirent en position de repli, les éléments ayant les boucliers les plus puissants et en bon état protégeant ceux plus faibles ou endommagés. Ils passèrent en sub-espace lorsque le processus d'autodestruction fut enclenché, libérant les noyaux instables du champ de confinement au sein du complexe militaire de Némis.

Quelques minutes après, l'ensemble du complexe n'était plus qu'un résidu informe de plasma. Une heure plus tard, les vaisseaux ennemis qui s'étaient mis en orbite commencèrent à bombarder les satellites.

Sur Mère, l'Hégémon et le Commander étaient en train d'observer les images du dernier satellite encore fonctionnel, analysant un vaisseau s'approchant de sa position. Ce fût en fait la dernière image transmise avant sa destruction.

- Commander?

Le Commander, dont les idées étaient encore brouillées par la défaite cuisante qu'ils venaient d'essuyer, reussit à articuler, tentant de controler l'angoisse qui s'installait au fond de lui :

- Oui Monsieur?
- Croyez-vous qu'ils vont s'installer sur Némis?
- C'est possible Monsieur. Tout ce que nous savons d'eux c'est... A vrai dire, nous n'avons rien de concret.
- Je sais, cela. Mais pourquoi ne s'attaquent-ils pas aux planètes en Bordure Exterieure?
- A vrai dire, nous avons plusieurs hypothèses à ce sujet. Il se pourrait qu'ils soient tout simplement sortis...
- Je ne veux pas de vos hypothèses Commander, je veux des résultats.

L'Hégémon se retourna vers le Commander.

- Nous venons de perdre une bataille importante. Vos résultats sont plus que médiocres.
- Monsieur, je...

L'Hégémon se leva. Même dans les pires moments, il savait garder l'aspect majestueux de celui qui controle des centaines de mondes.

- Vous avez échoué. Nous avons perdu une bataille avec ce qu'il convient de considérer comme une flotte moyenne. Nous ne pourrons pas opposer longtemps des flottes plus importantes. Ce qui vient de se passer se répetera jusqu'à notre destruction si nous n'avons rien d'autre que des hypothèses. Il me faut leur point faible, et c'est là que nous devrons frapper!

Le Commander aurait pu jurer qu'à cet instant précis, des flammes avaient brulées au fond des yeux de l'Hégémon. Avant qu'il puisse reprendre ses esprits, l'Hégémon rajouta :

- Nous n'avons pas les moyens d'entretenir une guerre de longue durée. Notre armée est bonne pour les petites rebellions locales, les conflits de l'ordre d'une dizaine de planètes. Pas contre une civilisation dont nous ignorons tout!
- Je... Je suis au courant... de tout cela... bredouilla le Commander, qui avait soudain peur pour sa propre vie.

L'Hégémon le  fixa intensément.

-... Monsieur...
- Ils vont débarquer sur Némis. Je veux savoir à quoi ils ressemblent.
- Mais Monsieur, leur flotte est...
- en orbite autour de la planète, je sais. Votre technologie de camouflage est-elle au point?

Le Commander paru etonné.

- Vous avez un prototype n'est-ce pas?
- Oui, Monsieur. Une frégate.
- Et ça marche, non?
- Oui, Monsieur.
- Alors envoyez la, avec des soldats à son bord. Vous les débarquerez sur la planète. Prenez les meilleurs. Et les meilleures armures, les dernières la... Comment les appelez-vous déjà?

L'Hégémon semblait avoir retrouvé un peu de calme.

- Surt, Monsieur.
- Oui, voilà, Surt. Encore au stade de protoype, non?
- A vrai dire, nous sommes dans la dernière phase de test. Les résultats sont très concluants.
- Combien en avez-vous?
- Des armures, Monsieur?

Le Commander savait que cette question était inutile avant d'avoir fini de la formuler.

- Une vingtaine, Monsieur.
- Bien, vous avez vos ordres. Vous pouvez disposer.

L'écran géant qui se trouvait derrière l'Hégémon, qui était resté actif, affichait encore l'image d'un vaisseau ennemi tirant sur le satellite, avant de s'eteindre dans un fondu en noir. Obtenir des informations demandait d'utiliser les meilleures technologies de tout l'Hégire. Si ces technologies tombaient aux mains de l'ennemi, s'en serait certainement fini de l'Hégire.
Par lap1.blanc
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Dimanche 9 décembre 2007

[L'histoire de bascule des boucliers a été abandonné par la suite, en adoptant un système plus "réaliste"]

Vaisseau : Pégase
Type : Croiseur d'assaut
Classe : Theta
Capitaine : Amiral Blend Simmons
Localisation : Orbite haute de Trenford/457.653.59
Code mission : A309KH2
Temps : 266589543 TH


Le croiseur venait de sortir du sous-espace, à un demi-millier de kilomètres des restes du Flèche. Le Pégase avait été nommé comme vaisseau de secours lorsque l'Hégire avait reçu l'appel de détresse du Flèche, 4 jours plus tôt. Le Pégase était alors en orbite autour de Némis, en mission d'aide humanitaire suite à la catastrophe non naturelle qui avait ravagé un bon quart de la planète. La mission était risquée car le Flèche ne donnait aucune indication, mis à part sa position et l'étendue des dégâts. L'Amiral Simmons ordonna un scan de ce qui restait du croiseur, encore invisible par la baie visuelle.

Les résultats arrivèrent rapidement. Plusieurs signaux vitaux avaient été identifiés, une cinquantaine. Les fréquences de communication ne repondait pas, mais les moteurs ionniques étaient intacts. Malheureusement, le poste de commandement avait été totalement détruit, et une immense partie du croiseur avait été dispersée dans l'espace. Les débris empechaient toute intervention des pods de secours. La lutte avait due être acharnée car on ne retrouvait aucune trace des missiles à protons equipant ce genre de vaisseaux. Cependant, les systèmes de défense à courte portée étaient toujours actifs.

Mais, plus important encore, c'était la première fois dans l'Histoire qu'un vaisseau de classe Theta avait été abattu. Aucun ennemi connu de l'Hégire n'était capable d'un tel exploit. L'Amiral se tourna vers l'officier responsable des radars :

- Scannez la zone à la recherche d'une quelconque signature. Si il y a un vaisseau dans les environs, je veux le voir.
- Bien mon amiral!

Les scanners repondant négativement à la requête, l'Amiral entreprit de se rapporcher au plus près du vaisseau délabré afin de pouvoir capter les signaux des persocs du personnel naviguant à bord du Flèche. Cette entreprise se fit en maintenant les boucliers au maximum de leurs puissances afin d'éviter une collision avec les débris du Flèche.

Une communication subspatiale fût établie vers le Centre de Commandement de la Flotte de l'Hégire, transmettant la situation délicate du Flèche et les opérations en cours, ainsi que le nombre supposé de survivants. En retour, le Pégase reçut l'ordre d'évacuer la zone une fois les opértions terminées, en ayant pris soin de détruire les restes du Flèche.

Les lieutenants Cameron et Raman se trouvait au mess des officiers, se restaurant avant de prendre leur quart dans 1 heure :

- Et bien, c'est pas commun de perdre un vaisseau en mission de routine autour d'une planète inhabitée, soupira Cameron.
- En effet, mais le plus important est que ça s'est passé en ceinture intérieure. Et sur un Theta!
- J'ai toujours dis que ces vaisseaux n'étaient pas à la hauteur de ce que voulais l'Hégire.
- Jusqu'ici, ils ont tenu leurs promesses, fit remarquer Raman.
- Ils sont censés tenir en respect une flotte entière de Mantas. Et que connais-tu, comme vaisseau ennemi, qui surclasse les Mantas? demanda Cameron.
- Rien. Et c'est ce qui m'inquiète.

Les vaisseaux n'étaient maintenant séparés que de 200 kilomètres, et les débris du Flèche se heurtaient au bouclier du Pégase dans un eclair lumineux avant d'être renvoyés dans l'espace. C'est alors que l'officier chargé des communications interpella l'Amiral.

- Mon Amiral! J'ai un signal persoc! De nombreux parasites, mais la communication est stable.
- Très bien, dit l'Amiral, en ne laissant paraitre aucun signe exterieur de satisfaction, emettez sur haut-parleurs.
- Bien mon Amiral.

Après quelques manipulations rapides, l'officer hocha de la tête en direction de l'Amiral :

- Ici l'Amiral Blend Simmons, commandant du Croiseur d'Assaut de classe Theta Pégase, me recevez vous Flèche?

Quelques secondes s'écoulèrent. Des secondes où l'Amiral restait imperturbable au milieu de ses officiers qui manifestaient tous les signes mélangés de stress, d'excitation et d'inquietude.

- Ici le serg*******ner, à bord du Flè****reçoit mal. Avons besoin d'******blessés, il nous reste*********xygène, à vous.
- Sergent, nous vous recevons très mal, nous nous approchons pour mieux capter votre signal. Le canal de communication reste ouvert.
- Bien re******ral.

Le Pégase s'approcha prudement du Flèche, les eclairs se multipliant autour du vaisseau.

- *** sergent Aliner, me recevez-vous Flèche?
- Tout à fait sergent, la communication est stable et moins parasitée. Quelle est votre situation? demanda l'Amiral.
- A vrai dire, tout va mal ici. Je suis dans les quartiers de service, avec de ***eux survivants. *** y a de nombreux blessés, 6 non valides. Les réserves d'oxy*** sont très basses et les recycleurs d'air ont en majorité arreté de fonctionner faute de puissance. Nous avons accès à un sas de secours mais nous n'avons aucune idée de son état à l'intérieur. Aucune *** de ce qui s'est passé. Les ingénieurs en salle des machines sont vivants aussi, de l'*** coté du vaisseau. On ne peut pas les rejoindre à partir d'ici et ils sont bloqués, sans sas de secours. On a pu envoyer des pods de survie sur Trenford, mais l'atmosphère dense de la planète vous empêche certainement de capter leurs sig****. A vous.

L'Amiral étudia mentalement la question avant de répondre :

- De nombreux débris empêchent l'envoi de pods de sauvetage. Avez-vous eliminé la menace?

Le sergent mit quelques secondes à répondre :

- Négatif. Nous avons réussi à endommager le vaisseau inconnu mais pas à le détruire. Nos systèmes de detection ont laché dans l'explosion du poste de c***ement. Mais si ils ne nous ont pas achevé, c'est qu'ils doivent être partis.
- Nous n'avons capté aucune signature étrangère en arrivant. Vos systèmes de défense à courte portée sont toujours activés. Cela pourrait être un problème pour l'intervention des pods. Pouvez vous les désactiver depuis votre position?
- Négatif.

Au moment où le Pégase recevait la transmission, une alarme retentit sur la passerelle :

- Mon Amiral, je capte une signature en approche venant de la planète. Signature inconnue.
- Ils s'étaient cachés à la surface! Verrouillez tous les missiles sur elle. Ouvrez un canal de communication sur toute les fréquences, traduction dans les dialectes standards.
- Bien mon Amiral.

Après de courtes manipulations de son officier, l'Amiral dit :

- Ici l'Amiral Blend Simmons du Croiseur d'Assaut de classe Theta, de la Flotte Hegirienne. Veuillez décliner votre identité, ou nous considererons vos intentions comme hostiles.

Après quelques secondes d'attente, nécessaires à l'envoi des traductions, l'Amiral repeta :

- Ici le Croiseur d'Assaut Pégase, de la Flotte Hegirienne. Arretez votre progression et déclinez votre identité ou nous devrons ouvrir le feu.

Après de trop longues secondes, l'Amiral, toujours imperturbable, lança :

- Dernier avertissement. Cessez votre progression et déclinez votre identité ou nous ouvrirons le feu!

L'amiral, coupant le micro, et sonnant l'alarme de combat, se tourna vers son Commandant en Second :

- Verrouillez moi cet abruti et trouvez moi une solution de tir. Commencez aussi à charger le CAM.
- Mon Amiral, la signature inconnue monte en puissance. Je crois qu'ils s'appretent à ouvrir le feu, lança l'officier radar.

Le Commandant en Second interpella l'Amiral :

- Mon Amiral, j'ai les solutions de tir et toutes les batteries sont prêtes.
- Feu à toutes les batteries, ordonna l'amiral.

Une vingtaine de missiles Mero s'élancèrent des tubes du Pégase, faisant route vers le vaisseau inconnu. Ils s'écrasèrent tous sur le bouclier de ce dernier. En réponse, le vaisseau inconnu tira plusieurs salves de boules aux reflets bleus, qui se mélangèrent au jaune du bouclier du Pégase avant de s'évanouir.

- Mon Amiral, nos boucliers viennent de faire une chute de 30%!
- Verrouillez et tirez! Quel est l'état de chargement du Canon Anti-Matière? Contactez le sergent sur le Flèche pour avoir des informations sur comment détruire l'ennemi.

Dans le silence du vide de l'espace, les batteries avant lancèrent leurs vingt missiles en direction de l'ennemi, qui les arreta à plusieurs centaines de mètres devant la coque du vaisseau grâce à ses boucliers. En réponse, un long faisceau vert et continu vint illuminer le bouclier du Pégase, dans un balai d'auréoles jaunes, reliant les deux vaisseaux dans l'espace.

- Boucliers à 60% et en chute rapide. 55%. 50.
- Verrouillez et tirez! Tirez avec le CAM dès qu'il sera chargé. Envoyez les Séraphins.

L'officier des communications interpella l'amiral :

- Mon Amiral, impossible de joindre le sergent, les communications sont brouillées.

Dans le hangar, les lieutenants Cameron et Raman se dirigeaient vers leurs chasseurs Séraphins, dans le vacarme des alarmes du vaisseaux et des mises à feu des moteurs à combustion. 15 secondes plus tard, les Séraphins s'envolèrent en une nuée vers le vaisseau ennemi, leurs missiles à neutrons près à être envoyés.

- CAM chargé mon Amiral! Verrouillage sur la cible.

Le lourd Canon Anti-Matière du Pégase, lanca un énorme projectile, ébranlant toute la structure du vaisseau. Le missile AM faisait route vers l'ennemi beaucoup plus lentement que n'importe quel missile standard.

- Boucliers à 17%.
- Basculez toute la puissance des boucliers vers l'avant. Verrouillez et tirez!

Le faisceau vert s'arreta lorsque les missiles Mero, les missiles à neutrons et le missile AM firent vaciller le bouclier ennemi dans un enorme feu d'artifice muet, enveloppé dans la bulle violacée de l'explosion AM. Le vaisseau ennemi fit une manoeuvre pour opposer son flanc au Pégase, révelant une énorme baie de canons laser.

L'Amiral laissa échapper un "merde" puis, aboyant sur la passerelle, ordonna :

- Extinction de tous les systèmes non vitaux, bascule de toute la puissance disponible sur les boucliers avant. Manoeuvre en 3/8/0/0 à pleine puissance. Rechargez le CAM et tirez. Activation des batteries de défense de proximité. Chargez tous les missiles, verrouillez et tirez.

Le Pégase fonçait maintenant droit sur l'ennemi, ses boucliers atteignant peniblement les 43% de leur puissance maximale. Beaucoup de Séraphins avaient été détruits par les défenses anti-chasseurs du vaisseau inconnu pendant que le rougeoiement caractéristique du chargement des laser à forte puissance était maintenant visible sur toute la longueur du flanc du vaisseau.

- CAM chargé et près à faire feu mon Amiral, intervint le Commandant en Second.
- Pas encore, dit l'Amiral en levant sa main.

Les canons laser avaient presque atteint leur couleur caracteristique de fin de chargement lorsque l'amiral ordonna au CAM de faire feu. En quelques secondes, l'espace environnant fut submergé d'une lumière rouge violacée, le missile AM explosant prématurement entre les 2 vaisseaux, réfractant la lumière rouge des laser dans tous les sens et, en grande partie, sur le bouclier du vaisseau ennemi, mettant fin à sa protection. Le bouclier du Pégase fut parsemé de milliers de petites auréoles jaunes, aux points d'impact des rayons laser affaiblis refractés en direction du vaisseau.

- Boucliers à 10%. Les lasers se sont stoppés.
- Missiles Mero, verrouillez et tirez, cria l'Amiral, couvrant l'alarme aigüe indiquant la faiblesse des boucliers.
- Mon Amiral, intervint l'officier radar, le vaisseau ennemi prend la fuite et tente de créer une fenetre subspatiale.

Montrant pour la première fois une expression, l'Amiral dit, etonné :

- Aussi près d'une zone de gravité? C'est de la folie!

Quelques instants plus tard, le vaisseau ennemi avait disparu des écrans radar.

Après cette escarmouche, l'Hégire décida d'augmenter considérablement la puissance de la flotte, afin de faire face à la menace encore inconnue qui a reussi, avec un seul vaisseau, à détruire le fleuron de la Flotte Hegerienne. Le Pégase, après avoir récuperé ses boucliers, put s'approcher assez près du Flèche pour lancer les pods de sauvetage, les systèmes de protections ayant été court-circuités. Les ingénieurs de la salle des machines furent sauvés 4 jours après, par un vaisseau de sauvetage en conditions extrêmes. Le Flèche fût finalement remorqué jusqu'à une base militaire de l'Hégire pour y être etudié. 1343 familles ont pleuré la disparition d'un proche, marin sur le vaisseau abattu. 54 personnes ont pu être sauvées, 3 sont mortes des suites de leurs blessures après le sauvetage. Le Pégase a perdu 78 pilotes de Séraphins dans la bataille, dont le lieutenant Raman.

 

[Ca meriterait d'être plus developpé, notament au niveau des personnages, mais j'ai peur que ça ne fasse trop volumineux pour un seul article après]

Par lap1.blanc
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