Dimanche 9 décembre 2007
Localisation : Centre de Commandement de la Flotte Hégirienne/403.53.9
Temps : 266501543 TH


Le Commander Egins se rendait à la salle de réunion, comme tous les matins, saluant au passage les officiers subalternes qu'il croisait. Il affichait l'air préoccupé des mauvais jours. Il valida son pass puis penetra dans la salle où attendaient déjà toutes les plus grandes figures du commandement tactique de l'Hégire. Tous se levèrent en silence.

- Restez assis, annonça le Commander, nous devons attendre l'Hégémon avant de commencer. Il devrait arriver d'une minute à l'autre, son vaisseau était en approche tôt dans la matinée.

A peine eut-il terminé sa phrase qu'à l'autre bout de la pièce, de l'autre coté de la grande table oblongue de la salle, la porte laissait apparaitre, dans le silence de son ouverture, la silouhette familière de l'Hégémon. Tous les présents le saluèrent en choeur. La voix grave et posée de l'Hégémon resonna dans la pièce :

- Repos. Ne perdons pas de temps. Je vous connais tous, allez droit au but.

Le Commander Egins prit le premier la parole, s'adressant à l'Hégémon, dans sa parure quasi-impériale, aux couleurs vives, contrastant avec son teint pâle de bureaucrate :

- Monsieur, les premières analyses de l'épave montre que nous avons affaire avec une arme non hegerienne, une arme à faisceau très probablement.
- Le faisceau vert qu'a rencontré le Pégase? demanda l'Hégémon.
- C'est probable, Monsieur. D'après nos indications, il semblerait qu'il s'agisse d'un faisceau de particules à faible densité et aux grandes capacités energetiques.
- Très probablement des barions, lança un petit gringalet portant l'insigne du Departement de Recherche.

L'Hégémon analysa la situation quelques instants avant de reprendre la parole :

- Que conseillez vous, Commander?
- L'organisation de patrouilles en bordure intérieure, ainsi que l'escorte de tous les vaisseaux de classe Theta jusqu'à ce qu'on en sache plus.

Avant la réponse de l'Hégémon, un officier, plutot costaux, portant l'uniforme de la Flotte assorti du grade d'Amiral, dit :

- Tous les vaisseaux inférieurs à un classe Theta ne pourront resister à l'assaut d'un seul de leurs vaisseaux. Que conseillez-vous pour ceux la, Commander?
- Aucun ne vaisseau ne devra se déplacer seul, Amiral Simmons. Il nous faut revoir l'ensemble de nos stratégies. Ce ne sont plus de simples deviants, il s'agit de quelque chose de bien plus puissant. Et rien ne dit que nous avons eu affaire à leur vaisseau le plus puissant.

L'Hégémon était en train de se lever lorsqu'il lança son "Ainsi soit-il", confirmant les orientations qui avaient été enoncées. L'officier du Département de Recherche l'interpella alors qu'il s'appretait à franchir la porte.

- Monsieur, concernant nos tentatives de communication, que devons nous faire?

Sans se retourner, l'Hégémon, de sa voix caractéristique, repondit :

- Continuez. Faites les parler. Et si ils ne parlent pas, alors rendez les vraiment muets à jamais.

Lorsqu'il fût seul dans son bureau, le Commander ne put s'empecher de penser à un auteur connu, qui avait un jour dit "Nous ne pouvons nous entendre avec des espèces inconnues que si nous trouvons le moyen de communiquer avec elles. Si nous n'y parvenons pas et qu'elles se montrent hostiles, une des deux doit disparaitre". L'Hégire ne pouvait pas tomber, et cette espèce était la première espèce intelligente dotée de technologie spatiale. Et un seul de leurs vaisseaux avait reduit en pièce le fleuron de la Flotte. Cela n'avait rien à voir avec les quelques vaisseaux détournés par des deviants. L'Hégire venait de perdre la première bataille inter-espèce de son histoire.


Vaisseau : Centaure
Type : Croiseur d'assaut
Classe : Theta
Capitaine : Contre-Amiral Trend Riose
Localisation : Orbite basse de Némis/430.660.106
Code mission : H332KZ5
Temps : 266521543 TH


- Mon Amiral, le dernier chargement de vivres vient de partir. Tout semble normal, l'énergie est correctement distribuée, les Temples sont fonctionnels.
- Bien, prevenez l'escorte, mettez vous en orbite eloignée et ouvrez une fenêtre subspatiale.

Le Commandant en Second acquiesca, et fit les manoeuvres nécessaires. 10 bonnes minutes après, l'officier radar interpella l'Amiral.

- Mon Amiral, je percois une signature inconnue sur le scanner subspatial. Grosse signature. Sortie dans l'espace normal dans 30 secondes à un millier de kilomètres de notre position. Approche confirmée par le Titanium.

L'Amiral ouvrit les canaux de communication privée :

- A tous les batiments de la Flotte, adoptez la position Alpha-3, boucliers au maximum, parés à faire feu.

Se tournant vers son Commandant en Second :

- Chargez le CAM. Préparez les Séraphins. Ouvrez tous les canaux sur toutes les fréquences, traduction dans tous les dialectes. Envoyez un message à l'Hégire.
- Bien mon Amiral.

30 secondes plus tard, sur les écrans à zoom optique maximal, une fenêtre subspatiale s'ouvrit, de sa couleur legèrement grisée. L'amiral alluma le micro et diffusa :

- Ici le Contre-Amiral Riose à bord du Croiseur d'assaut Centaure. Declinez votre iden...

L'Amiral se tut un instant, voyant sortir de la fenêtre une dizaine de vaisseaux, aussi gros que sur les enregistrements du Pégase, suivi d'un vaisseau gros comme le quart d'une planète :

- ...tité.

Le Commandant en Second se tourna vers l'Amiral, mais avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit, l'écran de communication privé s'etait allumé, affichant un visage inquiet d'un Capitaine de vaisseau, le Titanium :

- Mon Amiral, si ces vaisseaux sont aussi puissants que celui qu'ont rencontré le Flèche et le Pégase, nous allons...
- ... je sais!, s'impatienta l'Amiral, essayons donc la diplomatie.

Le Commandant en Second, inquiet, questionna son supérieur :

- Comment comptez-vous vous y prendre mon Amiral?
- Et bien, repondit l'Amiral en essayant de retrouver son sang froid, je pensais à un truc du genre "Bonjour, et bienvenue chez nous. Vous êtes ici en vacances ou juste de passage?"

Puis sans attendre de réponse, il diffusa, sur toutes fréquences :

- Ici le commandant du Croiseur d'Assaut Centaure. Veuillez décliner votre identité ou nous considererons vos intentions comme hostiles et devrons ouvrir le feu.

Après avoir coupé le micro, son Commandant en Second lui dit :

- Bel exemple de diplomatie.
- Merci, repondit calmement l'Amiral, j'ai preferé rester dans le classique, histoire de ne pas les destabiliser.
- Mon Amiral, interrompit un officier, ils répondent!
- Passez sur les haut-parleurs de la passerelle.

Ce qui en sorti était completement incompréhensible. Une suite de sons graves, sans aucune correspondance dans les logiciels de traduction. L'Amiral en avisa l'Hégire, qui répondit presque aussitôt :

"N'engagez pas le combat. Renforts en route. Déficit de temps : 12 heures."

L'Amiral souffla, lentement. Il était certains qu'une bataille de cet ordre serait une défaite monstrueuse. L'escorte était composée d'une dizaine de Frégates, de 5 Corvettes et 2 Cannonières. La puissance de feu de l'ennemi pouvait s'exprimer ainsi : 10 à 15 fois plus. Sans compter l'énorme vaisseau se trouvant en deuxième ligne. Les vaisseaux ennemis se rapprochèrent à vitesse réduite jusqu'à se stopper à 400 kilomètres de la première Frégate. Aucune communication ne fut détectée. L'ennemi restait juste là, attendant.

Ce fût la demi-journée la plus longue que le Contre-Amiral avait vécu jusqu'ici. Après 12 heures de stress et d'angoisse, à guetter le moindre mouvement ennemi, la moindre signature energetique suspecte, les vaisseaux de l'Hégire sortirent du sous-espace. Un contact s'etablit directement :

- Ici l'Amiral Simmons à bord du Croiseur d'Assaut Pégase. Quelle est la situation, Amiral?

L'Amiral Riose lui expliqua, tout en consultant le radar : 6 Croiseurs de classe theta étaient arrivés, ainsi qu'une dizaine de cannonières suivies de 20 Corvettes. Les forces s'equilibraient quelque peu, mais, au gout de Riose, ce n'était pas suffisant.

- Mon Amiral! Signature modifiée pour le gros vaisseau. On dirait qu'il se prepare à ouvrir le feu!

Immediatement, les nouveaux vaisseaux se mirent en position, se préparant à ouvrir le feu au commandement de l'Amiral Simmons.


Vaisseau : Pégase
Type : Croiseur d'assaut
Classe : Theta
Capitaine : Amiral Blend Simmons
Localisation : Orbite haute de Némis/430.660.106
Code mission : F332KZ1
Temps : 266589640 TH


- Trouvez une solution de tir sur le plus gros vaisseau.
- Impossible mon Amiral, le signal est brouillé. Je peux verrouiller sur un des autres vaisseaux uniquement.
- Bien, chargez le CAM. Verrouillez sur le vaisseau ennemi le plus proche et tirez à mon commandement.

Alors que l'officier s'executait, le vaisseau le plus imposant lanca une enorme boule orangée en direction de la cannonière la plus proche, traversant son bouclier et transperçant sa coque de part en part avant de venir s'echouer sur le bouclier d'une Corvette. Une poignée de secondes plus tard, des pods de secours s'ejectèrent des parties encore intact de la cannonière en train de se disloquer.

- Feu à volonté! s'écria Simmons

Alors que tous les vaisseaux de l'Hégire tiraient, dans des centaines de trainées de feu, les vaisseaux ennemis opposèrent leurs flancs, dévoilant leurs batteries lasers. Les missiles hegiriens explosèrent sur les boucliers, occultant pendant un moment les cibles, dans leur balai de particules lumineuses.

- Amiral, les CAM sont prêts! informa le Commandant en Second
- Feu, sur tout ce qui bouge en face!

7 missiles AM se dirigèrent, dans leur éclat violet, en direction des positions ennemies. Peu après leurs explosions, des milliers de petits vaisseaux étaient apparus près du vaisseau mère ennemi, se dirigeant vers la Flotte Hégirienne. L'Amiral ordonna immédiatement le décollage des Séraphins, alors que les puissants lasers de l'ennemi étaient en train d'entailler les coques des Frégates et Corvettes.

Avant même que l'Amiral puisse donner l'ordre de se repositionner, 4 boules orangées transpercèrent 7 vaisseaux. Après cette vague, seuls subsistaient les 7 Croiseurs d'Assaut, une Cannonière et 10 Corvettes, faisant toujours feu avec leurs missiles Mero. Les Séraphins étaient en combat avec les milliers de petits chasseurs ennemis, largement dépassés par le nombre mais pas en puissance. C'était bien là le seul avantage de l'Hégire sur les vaisseaux inconnus.


Localisation : Mère/*.*.*
Temps : 266589840 TH


Le Commander Egins se tenait derrière l'Hégémon, regardant lui aussi les rapports des différents vaisseaux s'afficher sur l'énorme écran de la suite Hégirienne. Son implant neural lui permettait de rester en contact avec le Centre de Commandement et de diriger les opérations à distance. Sur l'écran de contrôle, le plus à droite, on pouvait y voir une representation 3D en temps réel de l'état de chacun des vaisseaux qui faisait face à l'ennemi. La majeure partie avait été détruite maintenant, et les vaisseaux restants voyaient leurs boucliers sérieusement endommagés. Seul un seul des plus petits vaisseaux ennemis avait pu être endommagé et un missile AM se dirigeait désormais vers lui pour l'achever. Tous les autres vaisseaux, dont le plus inquiétant, etaient parfaitement intacts.

- Monsieur... osa le Commander.
- Je sais. Ordonnez le repli et enclenchez le dispositif d'autodestruction de Némis.

C'est exactement ce que redoutait le Commander. Némis faisait parti de la Ceinture Intérieure et, à ce titre, disposait d'un moyen d'accès, secret, à Mère. L'Hégémon précédent, qui avait due faire face à la sécession des deviants, avait fait installer un dispositif d'autodestruction massif sur toutes les installations sensibles des planètes de la Ceinture Intérieure, au cas où celles-ci tomberaient aux mains déviantes. En théorie, le dispositif de fusion est limité dans le temps et l'espace mais Némis est une planète réactive, et rien ne dit que le processus s'arretera avant d'enclencher un processus de fusion total, en éliminant la totalité de la population. Avec un peu de chance cependant, les vaisseaux ennemis pourraient en patir.

- Bien Monsieur.

Après quelques instants, les vaisseaux se mirent en position de repli, les éléments ayant les boucliers les plus puissants et en bon état protégeant ceux plus faibles ou endommagés. Ils passèrent en sub-espace lorsque le processus d'autodestruction fut enclenché, libérant les noyaux instables du champ de confinement au sein du complexe militaire de Némis.

Quelques minutes après, l'ensemble du complexe n'était plus qu'un résidu informe de plasma. Une heure plus tard, les vaisseaux ennemis qui s'étaient mis en orbite commencèrent à bombarder les satellites.

Sur Mère, l'Hégémon et le Commander étaient en train d'observer les images du dernier satellite encore fonctionnel, analysant un vaisseau s'approchant de sa position. Ce fût en fait la dernière image transmise avant sa destruction.

- Commander?

Le Commander, dont les idées étaient encore brouillées par la défaite cuisante qu'ils venaient d'essuyer, reussit à articuler, tentant de controler l'angoisse qui s'installait au fond de lui :

- Oui Monsieur?
- Croyez-vous qu'ils vont s'installer sur Némis?
- C'est possible Monsieur. Tout ce que nous savons d'eux c'est... A vrai dire, nous n'avons rien de concret.
- Je sais, cela. Mais pourquoi ne s'attaquent-ils pas aux planètes en Bordure Exterieure?
- A vrai dire, nous avons plusieurs hypothèses à ce sujet. Il se pourrait qu'ils soient tout simplement sortis...
- Je ne veux pas de vos hypothèses Commander, je veux des résultats.

L'Hégémon se retourna vers le Commander.

- Nous venons de perdre une bataille importante. Vos résultats sont plus que médiocres.
- Monsieur, je...

L'Hégémon se leva. Même dans les pires moments, il savait garder l'aspect majestueux de celui qui controle des centaines de mondes.

- Vous avez échoué. Nous avons perdu une bataille avec ce qu'il convient de considérer comme une flotte moyenne. Nous ne pourrons pas opposer longtemps des flottes plus importantes. Ce qui vient de se passer se répetera jusqu'à notre destruction si nous n'avons rien d'autre que des hypothèses. Il me faut leur point faible, et c'est là que nous devrons frapper!

Le Commander aurait pu jurer qu'à cet instant précis, des flammes avaient brulées au fond des yeux de l'Hégémon. Avant qu'il puisse reprendre ses esprits, l'Hégémon rajouta :

- Nous n'avons pas les moyens d'entretenir une guerre de longue durée. Notre armée est bonne pour les petites rebellions locales, les conflits de l'ordre d'une dizaine de planètes. Pas contre une civilisation dont nous ignorons tout!
- Je... Je suis au courant... de tout cela... bredouilla le Commander, qui avait soudain peur pour sa propre vie.

L'Hégémon le  fixa intensément.

-... Monsieur...
- Ils vont débarquer sur Némis. Je veux savoir à quoi ils ressemblent.
- Mais Monsieur, leur flotte est...
- en orbite autour de la planète, je sais. Votre technologie de camouflage est-elle au point?

Le Commander paru etonné.

- Vous avez un prototype n'est-ce pas?
- Oui, Monsieur. Une frégate.
- Et ça marche, non?
- Oui, Monsieur.
- Alors envoyez la, avec des soldats à son bord. Vous les débarquerez sur la planète. Prenez les meilleurs. Et les meilleures armures, les dernières la... Comment les appelez-vous déjà?

L'Hégémon semblait avoir retrouvé un peu de calme.

- Surt, Monsieur.
- Oui, voilà, Surt. Encore au stade de protoype, non?
- A vrai dire, nous sommes dans la dernière phase de test. Les résultats sont très concluants.
- Combien en avez-vous?
- Des armures, Monsieur?

Le Commander savait que cette question était inutile avant d'avoir fini de la formuler.

- Une vingtaine, Monsieur.
- Bien, vous avez vos ordres. Vous pouvez disposer.

L'écran géant qui se trouvait derrière l'Hégémon, qui était resté actif, affichait encore l'image d'un vaisseau ennemi tirant sur le satellite, avant de s'eteindre dans un fondu en noir. Obtenir des informations demandait d'utiliser les meilleures technologies de tout l'Hégire. Si ces technologies tombaient aux mains de l'ennemi, s'en serait certainement fini de l'Hégire.
Par lap1.blanc - Publié dans : Roman et récits
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Dimanche 9 décembre 2007

[L'histoire de bascule des boucliers a été abandonné par la suite, en adoptant un système plus "réaliste"]

Vaisseau : Pégase
Type : Croiseur d'assaut
Classe : Theta
Capitaine : Amiral Blend Simmons
Localisation : Orbite haute de Trenford/457.653.59
Code mission : A309KH2
Temps : 266589543 TH


Le croiseur venait de sortir du sous-espace, à un demi-millier de kilomètres des restes du Flèche. Le Pégase avait été nommé comme vaisseau de secours lorsque l'Hégire avait reçu l'appel de détresse du Flèche, 4 jours plus tôt. Le Pégase était alors en orbite autour de Némis, en mission d'aide humanitaire suite à la catastrophe non naturelle qui avait ravagé un bon quart de la planète. La mission était risquée car le Flèche ne donnait aucune indication, mis à part sa position et l'étendue des dégâts. L'Amiral Simmons ordonna un scan de ce qui restait du croiseur, encore invisible par la baie visuelle.

Les résultats arrivèrent rapidement. Plusieurs signaux vitaux avaient été identifiés, une cinquantaine. Les fréquences de communication ne repondait pas, mais les moteurs ionniques étaient intacts. Malheureusement, le poste de commandement avait été totalement détruit, et une immense partie du croiseur avait été dispersée dans l'espace. Les débris empechaient toute intervention des pods de secours. La lutte avait due être acharnée car on ne retrouvait aucune trace des missiles à protons equipant ce genre de vaisseaux. Cependant, les systèmes de défense à courte portée étaient toujours actifs.

Mais, plus important encore, c'était la première fois dans l'Histoire qu'un vaisseau de classe Theta avait été abattu. Aucun ennemi connu de l'Hégire n'était capable d'un tel exploit. L'Amiral se tourna vers l'officier responsable des radars :

- Scannez la zone à la recherche d'une quelconque signature. Si il y a un vaisseau dans les environs, je veux le voir.
- Bien mon amiral!

Les scanners repondant négativement à la requête, l'Amiral entreprit de se rapporcher au plus près du vaisseau délabré afin de pouvoir capter les signaux des persocs du personnel naviguant à bord du Flèche. Cette entreprise se fit en maintenant les boucliers au maximum de leurs puissances afin d'éviter une collision avec les débris du Flèche.

Une communication subspatiale fût établie vers le Centre de Commandement de la Flotte de l'Hégire, transmettant la situation délicate du Flèche et les opérations en cours, ainsi que le nombre supposé de survivants. En retour, le Pégase reçut l'ordre d'évacuer la zone une fois les opértions terminées, en ayant pris soin de détruire les restes du Flèche.

Les lieutenants Cameron et Raman se trouvait au mess des officiers, se restaurant avant de prendre leur quart dans 1 heure :

- Et bien, c'est pas commun de perdre un vaisseau en mission de routine autour d'une planète inhabitée, soupira Cameron.
- En effet, mais le plus important est que ça s'est passé en ceinture intérieure. Et sur un Theta!
- J'ai toujours dis que ces vaisseaux n'étaient pas à la hauteur de ce que voulais l'Hégire.
- Jusqu'ici, ils ont tenu leurs promesses, fit remarquer Raman.
- Ils sont censés tenir en respect une flotte entière de Mantas. Et que connais-tu, comme vaisseau ennemi, qui surclasse les Mantas? demanda Cameron.
- Rien. Et c'est ce qui m'inquiète.

Les vaisseaux n'étaient maintenant séparés que de 200 kilomètres, et les débris du Flèche se heurtaient au bouclier du Pégase dans un eclair lumineux avant d'être renvoyés dans l'espace. C'est alors que l'officier chargé des communications interpella l'Amiral.

- Mon Amiral! J'ai un signal persoc! De nombreux parasites, mais la communication est stable.
- Très bien, dit l'Amiral, en ne laissant paraitre aucun signe exterieur de satisfaction, emettez sur haut-parleurs.
- Bien mon Amiral.

Après quelques manipulations rapides, l'officer hocha de la tête en direction de l'Amiral :

- Ici l'Amiral Blend Simmons, commandant du Croiseur d'Assaut de classe Theta Pégase, me recevez vous Flèche?

Quelques secondes s'écoulèrent. Des secondes où l'Amiral restait imperturbable au milieu de ses officiers qui manifestaient tous les signes mélangés de stress, d'excitation et d'inquietude.

- Ici le serg*******ner, à bord du Flè****reçoit mal. Avons besoin d'******blessés, il nous reste*********xygène, à vous.
- Sergent, nous vous recevons très mal, nous nous approchons pour mieux capter votre signal. Le canal de communication reste ouvert.
- Bien re******ral.

Le Pégase s'approcha prudement du Flèche, les eclairs se multipliant autour du vaisseau.

- *** sergent Aliner, me recevez-vous Flèche?
- Tout à fait sergent, la communication est stable et moins parasitée. Quelle est votre situation? demanda l'Amiral.
- A vrai dire, tout va mal ici. Je suis dans les quartiers de service, avec de ***eux survivants. *** y a de nombreux blessés, 6 non valides. Les réserves d'oxy*** sont très basses et les recycleurs d'air ont en majorité arreté de fonctionner faute de puissance. Nous avons accès à un sas de secours mais nous n'avons aucune idée de son état à l'intérieur. Aucune *** de ce qui s'est passé. Les ingénieurs en salle des machines sont vivants aussi, de l'*** coté du vaisseau. On ne peut pas les rejoindre à partir d'ici et ils sont bloqués, sans sas de secours. On a pu envoyer des pods de survie sur Trenford, mais l'atmosphère dense de la planète vous empêche certainement de capter leurs sig****. A vous.

L'Amiral étudia mentalement la question avant de répondre :

- De nombreux débris empêchent l'envoi de pods de sauvetage. Avez-vous eliminé la menace?

Le sergent mit quelques secondes à répondre :

- Négatif. Nous avons réussi à endommager le vaisseau inconnu mais pas à le détruire. Nos systèmes de detection ont laché dans l'explosion du poste de c***ement. Mais si ils ne nous ont pas achevé, c'est qu'ils doivent être partis.
- Nous n'avons capté aucune signature étrangère en arrivant. Vos systèmes de défense à courte portée sont toujours activés. Cela pourrait être un problème pour l'intervention des pods. Pouvez vous les désactiver depuis votre position?
- Négatif.

Au moment où le Pégase recevait la transmission, une alarme retentit sur la passerelle :

- Mon Amiral, je capte une signature en approche venant de la planète. Signature inconnue.
- Ils s'étaient cachés à la surface! Verrouillez tous les missiles sur elle. Ouvrez un canal de communication sur toute les fréquences, traduction dans les dialectes standards.
- Bien mon Amiral.

Après de courtes manipulations de son officier, l'Amiral dit :

- Ici l'Amiral Blend Simmons du Croiseur d'Assaut de classe Theta, de la Flotte Hegirienne. Veuillez décliner votre identité, ou nous considererons vos intentions comme hostiles.

Après quelques secondes d'attente, nécessaires à l'envoi des traductions, l'Amiral repeta :

- Ici le Croiseur d'Assaut Pégase, de la Flotte Hegirienne. Arretez votre progression et déclinez votre identité ou nous devrons ouvrir le feu.

Après de trop longues secondes, l'Amiral, toujours imperturbable, lança :

- Dernier avertissement. Cessez votre progression et déclinez votre identité ou nous ouvrirons le feu!

L'amiral, coupant le micro, et sonnant l'alarme de combat, se tourna vers son Commandant en Second :

- Verrouillez moi cet abruti et trouvez moi une solution de tir. Commencez aussi à charger le CAM.
- Mon Amiral, la signature inconnue monte en puissance. Je crois qu'ils s'appretent à ouvrir le feu, lança l'officier radar.

Le Commandant en Second interpella l'Amiral :

- Mon Amiral, j'ai les solutions de tir et toutes les batteries sont prêtes.
- Feu à toutes les batteries, ordonna l'amiral.

Une vingtaine de missiles Mero s'élancèrent des tubes du Pégase, faisant route vers le vaisseau inconnu. Ils s'écrasèrent tous sur le bouclier de ce dernier. En réponse, le vaisseau inconnu tira plusieurs salves de boules aux reflets bleus, qui se mélangèrent au jaune du bouclier du Pégase avant de s'évanouir.

- Mon Amiral, nos boucliers viennent de faire une chute de 30%!
- Verrouillez et tirez! Quel est l'état de chargement du Canon Anti-Matière? Contactez le sergent sur le Flèche pour avoir des informations sur comment détruire l'ennemi.

Dans le silence du vide de l'espace, les batteries avant lancèrent leurs vingt missiles en direction de l'ennemi, qui les arreta à plusieurs centaines de mètres devant la coque du vaisseau grâce à ses boucliers. En réponse, un long faisceau vert et continu vint illuminer le bouclier du Pégase, dans un balai d'auréoles jaunes, reliant les deux vaisseaux dans l'espace.

- Boucliers à 60% et en chute rapide. 55%. 50.
- Verrouillez et tirez! Tirez avec le CAM dès qu'il sera chargé. Envoyez les Séraphins.

L'officier des communications interpella l'amiral :

- Mon Amiral, impossible de joindre le sergent, les communications sont brouillées.

Dans le hangar, les lieutenants Cameron et Raman se dirigeaient vers leurs chasseurs Séraphins, dans le vacarme des alarmes du vaisseaux et des mises à feu des moteurs à combustion. 15 secondes plus tard, les Séraphins s'envolèrent en une nuée vers le vaisseau ennemi, leurs missiles à neutrons près à être envoyés.

- CAM chargé mon Amiral! Verrouillage sur la cible.

Le lourd Canon Anti-Matière du Pégase, lanca un énorme projectile, ébranlant toute la structure du vaisseau. Le missile AM faisait route vers l'ennemi beaucoup plus lentement que n'importe quel missile standard.

- Boucliers à 17%.
- Basculez toute la puissance des boucliers vers l'avant. Verrouillez et tirez!

Le faisceau vert s'arreta lorsque les missiles Mero, les missiles à neutrons et le missile AM firent vaciller le bouclier ennemi dans un enorme feu d'artifice muet, enveloppé dans la bulle violacée de l'explosion AM. Le vaisseau ennemi fit une manoeuvre pour opposer son flanc au Pégase, révelant une énorme baie de canons laser.

L'Amiral laissa échapper un "merde" puis, aboyant sur la passerelle, ordonna :

- Extinction de tous les systèmes non vitaux, bascule de toute la puissance disponible sur les boucliers avant. Manoeuvre en 3/8/0/0 à pleine puissance. Rechargez le CAM et tirez. Activation des batteries de défense de proximité. Chargez tous les missiles, verrouillez et tirez.

Le Pégase fonçait maintenant droit sur l'ennemi, ses boucliers atteignant peniblement les 43% de leur puissance maximale. Beaucoup de Séraphins avaient été détruits par les défenses anti-chasseurs du vaisseau inconnu pendant que le rougeoiement caractéristique du chargement des laser à forte puissance était maintenant visible sur toute la longueur du flanc du vaisseau.

- CAM chargé et près à faire feu mon Amiral, intervint le Commandant en Second.
- Pas encore, dit l'Amiral en levant sa main.

Les canons laser avaient presque atteint leur couleur caracteristique de fin de chargement lorsque l'amiral ordonna au CAM de faire feu. En quelques secondes, l'espace environnant fut submergé d'une lumière rouge violacée, le missile AM explosant prématurement entre les 2 vaisseaux, réfractant la lumière rouge des laser dans tous les sens et, en grande partie, sur le bouclier du vaisseau ennemi, mettant fin à sa protection. Le bouclier du Pégase fut parsemé de milliers de petites auréoles jaunes, aux points d'impact des rayons laser affaiblis refractés en direction du vaisseau.

- Boucliers à 10%. Les lasers se sont stoppés.
- Missiles Mero, verrouillez et tirez, cria l'Amiral, couvrant l'alarme aigüe indiquant la faiblesse des boucliers.
- Mon Amiral, intervint l'officier radar, le vaisseau ennemi prend la fuite et tente de créer une fenetre subspatiale.

Montrant pour la première fois une expression, l'Amiral dit, etonné :

- Aussi près d'une zone de gravité? C'est de la folie!

Quelques instants plus tard, le vaisseau ennemi avait disparu des écrans radar.

Après cette escarmouche, l'Hégire décida d'augmenter considérablement la puissance de la flotte, afin de faire face à la menace encore inconnue qui a reussi, avec un seul vaisseau, à détruire le fleuron de la Flotte Hegerienne. Le Pégase, après avoir récuperé ses boucliers, put s'approcher assez près du Flèche pour lancer les pods de sauvetage, les systèmes de protections ayant été court-circuités. Les ingénieurs de la salle des machines furent sauvés 4 jours après, par un vaisseau de sauvetage en conditions extrêmes. Le Flèche fût finalement remorqué jusqu'à une base militaire de l'Hégire pour y être etudié. 1343 familles ont pleuré la disparition d'un proche, marin sur le vaisseau abattu. 54 personnes ont pu être sauvées, 3 sont mortes des suites de leurs blessures après le sauvetage. Le Pégase a perdu 78 pilotes de Séraphins dans la bataille, dont le lieutenant Raman.

 

[Ca meriterait d'être plus developpé, notament au niveau des personnages, mais j'ai peur que ça ne fasse trop volumineux pour un seul article après]

Par lap1.blanc - Publié dans : Roman et récits
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Samedi 8 décembre 2007
Depuis un moment, beaucoup d'entre vous (du moins ceux qui ont eu le malheur de pouvoir discuter avec moi) m'entendent dire que la France se trouve dans un schéma prérévolutionnaire. Suivant comment la discussion est amenée,  j'appuie plus ou moins sur certains arguments, ce qui fait que la situation n'apparaît pas évidente.

Soyons clairs, il ne s'agit pas ici de brusquer les choses, mais bien d'une analyse froide des conditions et évènements de notre République.

Prenons comme modèle de révolution, celle de 1789, en France.

Et tuons dans l'oeuf une idée reçue, rappelons rapidement l'Histoire. Cette révolution n'a pas été initiée par le peuple mais par la bourgeoisie, et elle ne tendait pas à "libérer le peuple" mais à conserver des privilèges, ceux des Nobles (libéraux) et des Bourgeois. Cette idée, on la doit aux Lumières.

A l'époque, c'est à dire dans les années 1780, tout va mal. La Noblesse, évincée par Louis XIV, ne rêve que de revenir au pouvoir. Il faut savoir que ceux-ci ne pouvaient pas cumuler trop d'activités commerciales sous peine de perdre leur noblesse. La principale activité des nobles est donc l'exercice  de la rente de la terre. Cette dernière stagne depuis déjà des dizaines d'années, alors que les frais des Nobles augmentent  (augmentation du prix des costumes, des véhicules, etc.). Oui, vous l'avez deviné, leur pouvoir d'achat est en baisse constante. Pour pouvoir survivre, la noblesse se replie sur ses anciens privilèges, désuets mais toujours en vigueur. Ainsi demande-t-elle le paiement de certaines taxes féodales, l'exploitation des terrains laissés aux paysans, etc.

Notons au passage, que cette crispation sur les anciens privilèges ne plaît pas du tout aux paysans qui réclament, de plus en plus fort, l'abolition pure et simple de ces droits féodaux.

Devant autant de contestations, Louis XV, puis Louis XVI tentent certaines réformes. Malheureusement, le pouvoir royal résident principalement sur l'autorité fait que ceux-ci auront très peu d'emprise sur les privilégiés pour pouvoir les imposer. On peut distinguer deux grandes réformes, dont les échecs mettront le système de Monarchie absolue de droit divin à genoux.

Tout d'abord, la réforme judiciaire, lancée à la fin du règne de Louis XV puis abandonnée par Louis XVI devant le blocage des parlements (les cours de justice de l'époque).

Ensuite, une réforme fiscale, visant à imposer les nobles. On l'a vu , les nobles ne peuvent déjà pas subvenir à leurs "besoins" (oui, les costumes étaient un besoin), alors payer des impôts en plus. Mais au juste, pourquoi plus d'impôts? Tout simplement parce que la Couronne est gravement déficitaire. Par exemple, les fameux "frais de représentation" pompent plus de 7% des revenus de la Couronne. Un scandale à l'époque.

Cela n'empêche pas le peuple de penser que le Roi est le Père des Français et que, si il est nécessaire de réformer, absolument personne, ou presque, ne pense que cela va se  faire violemment, dans le sang, avec un renversement de la Monarchie.

En plus de tout ça, la France s'engage dans une guerre aux côtés des américains en 1776, la guerre d'indépendance. Le coût de cette guerre (don de matériel, etc.) revient à plus d'un milliard de livres. Je n'ai pas dit combien l'Etat percevait de revenus? 503 millions.

Une autre réforme, dont on entend bien moins souvent parler, est celle qui visait à réduire l'extravagance de la Cour. Celle-ci échouera aussi.

La Monarchie s'embourbe et est prise à la gorge, financièrement tout d'abord, et politiquement ensuite, par la pression des Nobles et des Bourgeois.

La suite, vous la connaissez.  Convocation des Etats généraux, Assemblée Constituante, Prise de la Bastille, Louis XVI perdant la tête.

Maintenant que cette piqûre de rappel vous a été administrée, comparez ce récit avec la situation actuelle.

C'est bon? Vous voyez ce que j'entends par "situation prérévolutionnaire"?

L'Histoire n'est-elle pas qu'un perpétuel recommencement?
Par lap1.blanc - Publié dans : Politique
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Vendredi 7 décembre 2007
http://www.delation-gouv.fr/ vous connaissez non?

Ça vous fait marrer, doucement rigoler, et il est impossible de voir ça chez nous?

Comme vous le savez, en informatique, tout se sait, tout va très vite. Ainsi ai-je appris aujourd'hui que le commissariat central de Toulon (83) vient de s'équiper d'un beau serveur destiné à recueillir textes, photos, témoignages vidéos, etc. envoyés à l'adresse police.83@interieur.gouv.fr. Hein? Oui, des dénonciations, c'est ça. A titre expérimental, évidemment. Evidemment.

Bref, pas la peine d'en rajouter, c'est tout simplement honteux et ridicule, mais clairement dans l'optique d'un état policier. Pas étonnant que Sarko ait félicité Poutine pour sa victoire. Quand on a cet état policier comme modèle, il ne faut pas s'étonner.

Rappelons aussi, sur un tout autre sujet, que notre Président défendait, la loi n° 2005-158 du 23 février 2005. Mais siiiii, vous savez, le rôle positif de la colonisation!  Cette loi qui dit, en gros, que la colonisation, c'est bien, et qu'il fallait marquer ça dans les manuels d'Histoire! Prenons donc cette Loi et mettons la à côté de la déclaration récente de notre Président à savoir :

"Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité".

Ouais. Ça se passe de commentaire. Enfin, pour ceux qui font l'effort de se souvenir. Apparemment, ça ne le gêne pas plus que ça...
Par lap1.blanc - Publié dans : Politique
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Jeudi 6 décembre 2007
(D'après AP)

Une nouvelle oeuvre de Michel-Ange aurait été découverte dans les bureaux de la Basilique St Pierre de Rome. Cette oeuvre, qui est en fait un dessin à la sanguine, aurait été réalisé au printemps 1563 et serait donc la dernière oeuvre connue de l'artiste.

Rappellons que l'artiste avait ordonné, peu avant sa mort, la destruction de la quasi-totalité de ses dessins, ce qui fait de celui découvert  à la basilique une oeuvre d'autant plus rare. Cette oeuvre aurait été conservée grâce à un contre-maitre qui aurait noté des informations au dos de celui-ci, précise "L'Osservatore Romano".

Le Vatican devrait révéler  l'oeuvre à la presse lundi lors d'une conférence. On attend avec impatience de voir le trait de l'artiste, encore une fois.
Par lap1.blanc - Publié dans : Art, Culture & Sorties
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Mercredi 5 décembre 2007

Chopé dans "Libération".

Emmanuel Dockès est professeur de droit à l’université Lyon-II. Il explique pourquoi la recodification menée par le gouvernement est en fait une «décodification» : un processus qui «consiste à œuvrer en faveur de l’inaccessibilité et de l’absurdité du droit»

En lançant le projet de recodification du droit du travail en 2005, Gérard Larcher avait promis qu’elle se ferait à droit constant. Est-ce le cas ?

Non, ça a même été le moyen de tenter de faire passer des réformes impopulaires. Un exemple sur l’une des grandes revendications du Medef : la rupture du contrat de travail à l’amiable. Dans le code en vigueur, si un employeur se sépare - pour des raisons économiques - d’un salarié, même avec l’accord de celui-ci, il doit suivre les procédures du licenciement économique et consulter le comité d’entreprise. Un principe attaqué par le Medef. Dans le projet de nouveau code, cet article sur la rupture de contrat à l’amiable avait tout simplement disparu. Les auteurs ont présenté cet oubli comme une maladresse. L’article va être réintégré. Mais des «maladresses» comme ça, il en est bien d’autres qui sont passées inaperçues.

Des exemples ?

Après un licenciement économique, un employeur, s’il embauche à nouveau pendant une période donnée, doit proposer le poste en priorité à la personne qu’il vient de licencier. Dans le nouveau code, la règle a été recopiée à l’identique. Mais on l’a glissée dans une section qui concerne les licenciements d’au moins 10 salariés dans une période de trente jours. Ce qui pourrait exclure tous les autres ! On profite ainsi de la jungle des textes pour faire passer quelques petites régressions sociales. Par ailleurs, il n’est pas neutre d’associer dans la même partie les articles sur la rémunération à ceux sur le temps de travail : on présente la réglementation du temps de travail comme un facteur de réduction des salaires. C’est la logique du «travailler plus pour gagner plus». Lier la réduction du temps de travail aux articles sur la santé au travail aurait eu un tout autre sens.

Pourquoi la réécriture du code du travail en est-elle arrivée là ?

C’était un travail de titan, mené principalement par une petite équipe du ministère du Travail, dotée de peu de moyens. Un comité d’experts a été consulté, dont d’importants juristes, mais ils n’ont pas eu de vision globale sur la recodification. Composé d’ajouts successifs au fil des ans, le code actuel est profondément chaotique. C’est un volumineux et infernal objet, presque impossible à mettre en ordre.

Il ne fallait donc pas toucher au code?

La commission qui a travaillé plus d’un an, consulté les syndicats et les employeurs, n’a pas fait que des erreurs : certains passages sont plus clairs. La division d’articles qui faisaient des pages entières en articles plus courts est un indéniable progrès. Mais ce n’est pas en mélangeant et en redistribuant le chaos que l’on peut arriver à quelque chose d’acceptable. Il faut refondre, réécrire un nouveau code, simple et protecteur. Un livre de 200 pages dans un style clair serait un succès de librairie. Ce serait l’intérêt de tous, salariés comme employeurs : beaucoup de ces derniers veulent respecter la loi ! Mais ils n’arrivent pas à lire le code du travail, ne peuvent connaître leurs obligations et se font condamner. Ils trouvent que c’est injuste et ils ont raison.

(Source : Libération du 4 décembre 2007)

Par lap1.blanc - Publié dans : Politique
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Lundi 3 décembre 2007
J'aimerai qu'on m'explique une chose.

Lorsque 53% des français votent Sarkozy, ils sont plein de bon sens, il faut respecter leur volonté et ne surtout pas critiquer.

Bien, alors partons de ce principe, que défend, corps et âme, le parti de l'omniprésident.

Le 29 mai 2005, 55% des français ont dit "non" à la Constitution Européenne. Aujourd'hui, 2 ans et demi après, ce même traité revient, à une différence près. En effet, tous les experts s'accordent à le dire, c'est LE MÊME traité qui est resoumis aujourd'hui.

Ha, mais cette fois, plus question d'organiser un référendum. En effet, on argue qu'en 2005, les français "n'ont pas compris la situation", qu'ils ont plutôt "voté contre le gouvernement Raffarin". Bien, admettons.

Aujourd'hui, ce Gouvernement Raffarin (1, le retour, le retour de la vengeance, the last one, the latest) n'existe plus. Pire, le Gouvernement se vante même presque d'être soutenu par le peuple! N'est-ce donc pas là une véritable aubaine pour asseoir sa position?

Alors je m'interroge. Puisqu'il n'y a aucun risque de "vote contre le gouvernement" étant donné que 53% des français le soutiennent, voire plus si on en crois les sondages, pourquoi ne pas faire un référendum? Le Gouvernement aurait-il peur? Peur que les français ne s'apperçoivent qu'on les prend pour des cons, qu'on transgresse une décision qu'ils ont pris ensemble, démocratiquement, contre un traité dont ils ne veulent pas?

Ce traité ne passera que par voie parlementaire,  et sera donc adopté, avec les rétiscences d'usage du PS et les cris que personne ne veut entendre du PCF.

Le  29 mai 2005, selon le Gouvernement, les français n'avaient rien compris. Le 16 mai 2007, toujours selon le Gouvernement, ils ont retrouvé la raison. Pourquoi ne plus leur faire confiance, Monsieur Sarkozy?

En démocratie, on n'écoute le peuple que quand ça nous arrange. Le peuple a-t-il voté pour ne plus être écouté?

Et après, ils demandent qu'on respecte la République, ils crient que le respect, ça se fait dans les deux sens. Que penser alors d'une République qui ne respecte plus son peuple, qui le spolie, qui contourne ses décisions "souveraines".

A ce propos, j'aimerai rappeler quelques articles de notre Constitution, qu'il me semble important de garder à l'esprit.

Article 2 : L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge à trois bandes verticales d'égales dimensions.
L'hymne national est la Marseillaise.
La devise de la République est : " Liberté, Égalité, Fraternité. "
Son principe est : gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple.

Article 3 : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.
Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.
Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.

Article 11 : Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.
Lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d'un débat.
Lorsque le référendum a conclu à l'adoption du projet de loi, le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation.

Bien sûr, on nous dira que ce n'est pas le même traité, qu'il a été "revu et corrigé" et que donc la décision de 2005 ne peut pas y être appliquée. Et même si tous les experts disent que, mis à part quelques modifications de l'ordre de la virgule, c'est le même.

Alors, puisque la Constitution se trouve bafouée.

Puisque le peuple se trouve muselé.

Puisque de la Liberté on veut nous ôter.

Puisque de l'Egalité on n'ose plus espérer.

Puisque de la Fraternité il n'a jamais été.

Permettez-moi, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les jurés,  de ne pas me sentir entendu, de me sentir bafoué, humilié, déshonoré par l'attitude de mon Gouvernement.

Permettez-moi d'exprimer ma rage, en vertu de l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de l'ONU, contre ce Gouvernement qui, élu par le peuple, n'écoute plus sa base, qui va, par ses actions, jusqu'à nier son pouvoir constituant originaire, à savoir le peuple.

Permettez-moi de ne pas adhérer à l'UMP et de combattre toutes ses actions qui iront contre le peuple.

J'espère juste ne pas avoir à utiliser la violence, qui est le dernier refuge de l'incompétence, et de pouvoir retrouver, un jour dans ma vie, la fierté d'être français.

Et je rappelle, pour la forme, l'Article Premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Voici ce qu'est Nicolas Sarkozy. L'homme qui nie ceux qui l'ont élu.

Monsieur le Président, si vous en avez, frottez-vous à la sanction du peuple. D'homme à Hommes.
Par lap1.blanc - Publié dans : Politique
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Vendredi 30 novembre 2007
La seule quantité dangereuse d'alcool est 0.

A consommer avec modération. L'abus d'alcool est dangereux pour... Heu... Pour quoi déjà?
Par lap1.blanc - Publié dans : Conneries
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Vendredi 30 novembre 2007
Premier article de la section "Vie sociale" pour dire que cette dernière est clairement au point mort depuis que j'ai ma mononucléose. Fatigué, dormant par tranches de 3 heures, atteint de "flemite" aigüe, je vois quasiment plus personne...

Bon, pas que je m'en plaigne au demeurant mais après deux semaines de vie sociale inerte, j'dois avouer que les gens me manquent. Et pour tout dire, j'ai raccroché à la télé, et ça donne vraiment la gerbe. On comprend mieux pourquoi les gens sont... ce qu'ils sont.

Bref, haut les coeurs et en avant! On va pas se laisser abattre par une saleté de virus!
Par lap1.blanc - Publié dans : Vie sociale
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Jeudi 29 novembre 2007
Bon, bah étant donné que  mon ancien blog a été perdu dans les méandres du net, j'en crée un sur une autre plate-forme...

200 sujets perdus à jamais. Encore un coup de S.

Bon, donc j'vais pas m'éterniser, j'ai du boulot...
Par lap1.blanc
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